Pas de clones dans les assiettes européennes

PLANETE Au moins pour les cinq prochaines années...

A.C. avec AFP

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Gloria, le premier veau né d’une vache clonée (Vitoria), au Brésil en 2004. En décembre 2006, la FDA américaine a assuré que consommer de la viande ou du lait d’animaux clonés était sans danger.
Gloria, le premier veau né d’une vache clonée (Vitoria), au Brésil en 2004. En décembre 2006, la FDA américaine a assuré que consommer de la viande ou du lait d’animaux clonés était sans danger. — REUTERS/Jamil Bittar

Cet été, les Britanniques ont eu la surprise de découvrir de la viande issue d’animaux clonés dans leurs assiettes. Afin d’apaiser les inquiétudes des consommateurs, la Commission européenne a proposé mardi d'interdire pendant cinq ans le clonage animal destiné à l'alimentation humaine en Europe. «Il n'y a aucun besoin du clonage pour l'alimentation en Europe», a soutenu le commissaire à la Santé John Dalli. 

La descendance des animaux clonés toujours autorisée

La proposition de la Commission européenne vaut également pour les importations de clones et la vente de leur viande ou de leur lait. Mais elle est temporaire et ne va pas aussi loin que le souhaitent les gouvernements et les députés européens. Les Etats souhaitent également interdire l'importation des premiers descendants des clones, ainsi que de leur sperme et de leurs embryons. Les élus européens, eux, réclament «l'interdiction, à titre préventif, de toute commercialisation de viande ou de lait issus d'animaux clonés ou de leur descendance».

John Dalli a soutenu que la descendance des animaux clonés ne posait aucun problème sanitaire ou éthique: «Le clone est un jumeau. Mais sa descendance est naturelle. Elle ne suscite aucune réserve éthique et aucun problème de bien-être animal, comme le clonage». Il a donc préconisé d'autoriser «sous surveillance» l'importation de la progéniture des clones, de leur viande, de leur sperme et de leurs embryons.

«Un animal cloné n’a pas vocation à être découpé en steaks»

Les embryons d’animaux clonés pourront donc se retrouver dans les tubes à essai européens. La majorité des vaches laitières de l'UE sont issues de l'insémination artificielle, mais 98% des semences utilisées proviennent de l'UE. 3% seulement sont importées et peuvent, surtout lorsqu’elles proviennent des Etats-Unis, être issues d’animaux clonés.

La proposition de la Commission ne concerne pas le clonage pour la recherche, ni celui pour la préservation des espèces en danger. Des animaux clonés continueront donc de peupler les laboratoires mais pas les supermarchés: «La viande de clone ne se mange pas, a affirmé un collaborateur de John Dalli. Un animal cloné coûte entre 15 et 20.000 dollars, il sert pour la recherche et n'a pas vocation a être découpé en steaks».