Jonathan Wolfson: «Oui, les algues peuvent être compétitives»

PLANETE Le président de la start-up californienne Solazyme voit l'avenir en vert...

Audrey Chauvet

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Jonathan S.Wolfson, C.E.O de l'entreprise Solazyme, interviewé le 8 juillet 2010 par 20minutes.fr.
Jonathan S.Wolfson, C.E.O de l'entreprise Solazyme, interviewé le 8 juillet 2010 par 20minutes.fr. — 20minutes

Jonathan Wolfson a de quoi être optimiste: Solazyme, sa start-up fondée à San Francisco en 2003, attire l’attention et les fonds de multinationales aussi puissantes que le groupe pétrolier Chevron ou la banque Morgan Stanley. En septembre, c’est au tour d’Unilever, leader mondial dans les produits de grande consommation dans le monde, d’investir dans les algues. Lors du dernier «round» de financement, qui a rassemblé 60 millions de dollars (47 millions d’euros), Unilever a officialisé son partenariat avec Solazyme.

> Vidéo: Le président de Solazyme présente son entreprise, en exclusivité pour 20minutes.fr

Des algues pour remplacer l’huile de palme

«Lors de ce round, de nombreuses entreprises ont apporté des fonds: Unilever, mais aussi de grands groupes agroalimentaires et des producteurs d’huile végétale», explique Jonathan Wolfson à 20minutes.fr. Ce qu’ils espèrent en investissant dans les algues, c’est pouvoir remplacer l’huile de palme par une huile moins nocive pour la santé et l’environnement: «Nous menons des recherches depuis deux ans avec Unilever pour développer de nouvelles alternatives durables aux huiles végétales. Dans un premier temps, ce sera pour les cosmétiques et les produits d’hygiène corporelle. Les algues peuvent réellement améliorer la qualité des approvisionnements», déclare Jonathan Wolfson.

Décriée pour son impact environnemental désastreux et ses apports excessifs en acides gras saturés, l’huile de palme est un souci majeur pour les industries agro-alimentaires et cosmétiques. Mais elle reste massivement utilisée par les industriels du monde entier en raison de son très faible coût: «Les algues peuvent devenir compétitives avec l’huile de palme!, répète inlassablement Jonathan Wolfson. Et elle le seront de manière beaucoup plus pérenne».

Les algues à la conquête du monde

Basé sur la fermentation de déchets végétaux grâce à l’action des algues, le procédé de Solazyme pourrait permettre de produire en grande quantité et de manière durable du biodiesel mais aussi des huiles alimentaires ou cosmétiques. «Nous projetons de pouvoir produire de l’huile d’algues en grande quantité d’ici à 2012 ou 2013, prévoit Jonathan Wolfson. Nous devons construire les usines pour cela, mais de toute façon nous devrons coller au timing imposé par Unilever».

Les grands silos dans lesquels les algues transforment la biomasse en huile peuvent être implantés n’importe où dans le monde, à proximité des champs de canne à sucre en Amérique du Sud par exemple. Solazyme a ainsi conclu un partenariat avec Colombia Ecopetrol, une des plus grosses entreprises colombiennes, qui produit actuellement de la canne à sucre et souhaite s’orienter vers la production de biodiesel et de carburants renouvelables.

Jonathan Wolfson est actuellement en discussion avec des entreprises françaises, mais ne veut pas en révéler le nom tant que les partenariats ne sont pas signés. Les algues commencent leur conquête de l’Europe.