L'Elysée, mauvais élève du bilan carbone

PLANETE Les émissions de gaz à effet de serre des ministères sont plus faibles que celles de l'Elysée...

Audrey Chauvet

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L'Elysée avait ouvert ses portes au public, le 18 septembre 2010, à l'occasion des 27e Journées du patrimoine.
L'Elysée avait ouvert ses portes au public, le 18 septembre 2010, à l'occasion des 27e Journées du patrimoine. — ALFRED/SIPA

Les voyages du Président nuisent à son bilan carbone. Dans le cadre de la Stratégie nationale de développement durable, toutes les administrations de l’Etat doivent réaliser un bilan carbone permettant de mesurer leurs émissions de gaz à effet, directes ou induites. Sur la base des derniers bilans carbone réalisés, le magazine Terra Eco a établi un classement des administrations les plus polluantes: l’Elysée arrive en tête, suivi du ministère de l’Education nationale et, en troisième place, du ministère... de l’Ecologie.

Des périmètres différents rendent la comparaison difficile

Pour comparer les différents bilans carbone, Terra Eco a rapporté les émissions totales de CO2 au nombre d’agents dans chaque administration. Avec environ 32,82 tonnes équivalent CO2 (unité de compte du bilan carbone) par agent en 2008, l’Elysée émet presque six fois plus de gaz à effet de serre que le ministère de l’Education nationale, deuxième du classement. Suivent le ministère de l’Ecologie, avec 5,54 tonnes par agent, le ministère de l’Agriculture, avec 4,75 tonnes par agent, le ministère de l’Economie et des Finances, avec 4,56 tonnes par agent, et le ministère de la Défense, avec 4,11 tonnes par agent.

Difficile toutefois de comparer des résultats calculés sur des périmètres très différents: alors que le ministère de l’Education nationale n’a pris en compte que ses sites parisiens, le ministère de l’Agriculture a progressivement pris en compte quelques sites décentralisés. Les résultats sont très différents selon le périmètre retenu: pour les seuls sites parisiens, le ministère de l’Agriculture a émis 4,75 tonnes par agent en 2008, mais la facture carbonique monte à 7,42 tonnes par agent en 2009 avec la prise en compte des services décentralisés et des 13.000 agents du ministère en France.

Des actions pour améliorer son bilan carbone

La méthodologie du bilan carbone, déposée par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), oblige à prendre en compte à la fois les émissions de carbone liées au fonctionnement des bâtiments (énergie, chauffage, éclairage,...), mais également les émissions induites par l’activité, comme celles liées aux transports des collaborateurs, celles des fournisseurs, de la restauration, etc. 

Les ministères et administrations dont les agents se déplacent beaucoup sont donc plus enclins à avoir un bilan carbone lourd. Il serait par exemple intéressant de connaître les émissions du ministère des Affaires étrangères, non cité dans le classement de Terra Eco.

Mais prendre conscience de son impact sur le climat peut aussi inciter à agir. Ainsi, l’Elysée planche sur un projet de chauffage grâce à la récupération des eaux usées, le ministère de l’Ecologie veut favoriser les visioconférences, et le train est privilégié (voire obligatoire) pour les déplacements inférieurs à trois heures des agents des ministères de l’Economie et de la Défense.