Les élus français de plus en plus écolos

PLANETE Une étude révèle leur prise de conscience progressive des enjeux environnementaux...

Audrey Chauvet

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Les députés à l'Assemblée nationale, le 8 juin 2010.
Les députés à l'Assemblée nationale, le 8 juin 2010. — SIPA

Les politiques seraient-ils devenus écolos? Une étude du Cevipof, le centre de recherches politiques de SciencesPo, pour le compte de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) montre que depuis 2003, le développement durable et l’environnement sont devenus une priorité pour les parlementaires: 59% d’entre eux, majoritairement des femmes, pensent que ce sont les éléments les plus importants de la notion de développement en France, contre 47% lors de l’enquête précédente.

L’environnement entre ainsi dans les priorités d’action du gouvernement: 23% des parlementaires placent sa prise en compte en première place des priorités, derrière la réduction du chômage (prioritaire pour 58% des parlementaires), l’amélioration de l’éducation (44%) et le développement économique (40%).

L’énergie et la fiscalité au centre des préoccupations

Parmi les actions à mener pour préserver l’environnement, le développement des énergies renouvelables (pour 36% des parlementaires) et la maîtrise de l’énergie (35%) ont connu une forte progression depuis 2003. Elles restent derrière la gestion de l’eau, prioritaire pour 49% des élus, mais passent devant la gestion des déchets (30%).

Sur le nucléaire, les parlementaires se montrent beaucoup plus enthousiastes que la population, estimant à 33% que c’est l’énergie la moins chère à produire et à 34% que c’est la plus moderne. En revanche, l’énergie solaire recueille l’unanimité: elle est l’énergie la respectueuse de l’environnement, la moins polluante et la moins dangereuse pour plus de la moitié des élus et des Français.

Quant à la mise en œuvre des politiques environnementales, les parlementaires et le public pensent qu’il est prioritaire d’obliger les propriétaires à rénover ou isoler leur logement. Et les élus n’hésitent pas à vanter les mérites des mesures fiscales: 39% d’entre eux pensent que la fiscalité serait la politique la plus efficace pour l’environnement et 86% que des crédits d’impôts favoriseraient la «croissance verte».

Des divergences sur le Grenelle et l’effet de serre

Toutefois, un écart important persiste entre l’opinion des parlementaires et celle de la population. Alors que 80% du public pense que le gouvernement devrait orienter l’économie vers des activités qui préservent l’environnement plutôt que de favoriser la croissance industrielle, seulement 59% des parlementaires sont du même avis.

D’autres divergences entre les Français et leurs élus sont notables. Ainsi, alors que 62% des parlementaires pensent que le Grenelle de l’environnement permettra de traiter réellement les problèmes, seuls 52% du public y croient.

Les parlementaires sont également plus sceptiques que les Français sur le changement climatique: 34% d’entre eux pensent que les désordres climatiques (inondations, tempêtes,...) sont causés par l’effet de serre, contre 50% des Français. Cela n’empêche pas deux tiers des députés et sénateurs de juger qu’il faudra modifier de façon importante nos modes de vie pour empêcher l’augmentation de l’effet de serre.