Le froid arrête le pompage de la poche d'eau de Saint-Gervais

PLANETE Située sous un glacier du Mont-Blanc, elle menace la vallée d'inondations...

A.C. avec AFP

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Un technicien prépare le pompage de la poche d'eau sous le glacier de Tête-rousse, dans le massif du Mont Blanc, le 25 août 2010.
Un technicien prépare le pompage de la poche d'eau sous le glacier de Tête-rousse, dans le massif du Mont Blanc, le 25 août 2010. — AFP PHOTO / JEAN-PIERRE CLATOT

«Le mauvais temps, la neige, le risque d'avalanche arrivent. On ne va pas faire prendre des risques humains aux équipes sur place». Le maire de Saint-Gervais, en Haute-Savoie, préfère rester prudent et interrompre les premiers travaux de pompage d'une vaste poche d'eau située sous un glacier du massif du Mont-Blanc. Les travaux, débutés en août, s'achèveront la semaine du 11 octobre en raison de l'arrivée du froid, et le chantier, situé à plus de 3.000 mètres d’altitude, sera «démonté».

Des solutions pérennes à l’étude

L'interruption pour l'hiver des travaux de pompage intervient alors que «le risque de catastrophe s'est éloigné», précise Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais. La cavité va continuer à se remplir d'eau mais certainement moins qu'en été grâce au gel qui diminuera l'infiltration.

Pendant l'hiver, les responsables du chantier vont réfléchir à «un moyen pérenne permettant une purge naturelle de l'eau du glacier», a-t-il ajouté. Parmi les hypothèses envisagées, figure celle de creuser «un drain subhorizontal» permettant à l'eau de s'évacuer normalement.

Au printemps 2011, un nouveau forage devrait être effectué pour mesurer le volume de la cavité et «voir à quelle vitesse elle se remplit», a précisé Jean-Marc Peillex.

70% du volume de la poche ont été pompés

Depuis le 26 août, «près de 45.000 m3» d'eau ont été pompés, soit 70% du volume total de la poche permettant de faire baisser la pression à 1,5 bar, alors qu’elle était de huit bars en juillet..

La poche d'eau, dont l'existence a été établie par des études du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), mesure 65.000 m3 et se trouve sous le glacier de Tête-rousse, situé sur la voie normale d'ascension du Mont-Blanc et fréquenté par de nombreux touristes.

Les travaux, évalués à plus de deux millions d'euros, subventionnés à 80% par l'Europe et l'Etat, sont destinés à éviter que la poche d'eau ne se déverse dans la vallée de Saint-Gervais. En cas de rupture, elle pourrait s'écouler en quinze à trente minutes et près de 3.000 personnes «pourraient être concernées», selon le maire.