L'homme, coupable de la disparition de 80% des espèces menacées

PLANETE C'est l'heure des bilans à l'issue de l'Année internationale de la biodiversité...

A.C. avec AFP

— 

Un champ de fleurs sauvages dans les Appalaches, aux Etats-Unis.
Un champ de fleurs sauvages dans les Appalaches, aux Etats-Unis. — Tom Till/SUPERSTOCK/SIPA

La biodiversité sort plus populaire mais pas en meilleure santé de l’année 2010, qui lui a été dédiée. Après le recensement d’espèces animales mené en France et présenté ce mardi, une évaluation scientifique conduite sur un échantillon des 380.000 plantes connues sur la planète dévoile qu’une plante sur cinq dans le monde est menacée de disparition.

L'homme est responsable à travers ses activités de 80% de l'extinction en cours, selon les scientifiques des Jardins botaniques royaux de Kew Gardens en Angleterre, le Muséum d'histoire naturelle britannique et l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Les plantes, «à la base de toute la vie», sont en danger «critique»

Sur les 4.000 espèces examinées, 22% sont classées comme «menacées». Sur ce total, 4% sont «en danger critique», 7% «en danger» et 11% «vulnérables». Les espèces menacées représentent «cinq fois la flore des Iles britanniques», relève Neil Brummitt, chercheur à Kew Gardens. On estime toutefois que 20 à 30% des plantes sur Terre n’ont pas encore été répertoriées: ces inconnues pourraient disparaître avant même d’avoir été étudiées.

Les plantes sont plus menacées que les oiseaux et autant que les mammifères, qui reçoivent beaucoup plus d'attention dans l'opinion publique. Pourtant, elles sont essentielles dans l'écosystème. «Nous ne pouvons pas rester là les bras croisés à regarder les plantes disparaître. Elles sont la base de toute la vie, elles fournissent l'air sain, l'eau, la nourriture et l'énergie», a commenté le directeur des jardins botaniques Stephen Hopper.

Ne pas oublier les plantes

Au banc des accusés: l'homme. Il est clairement le principal responsable de la disparition des plantes sauvages: l'agriculture, l'élevage, la déforestation, l'urbanisation contribuent pour 81% de l'extinction, contre moins de 20% pour les causes naturelles (incendies par exemple).

A un mois du sommet sur la biodiversité de Nagoya au Japon, Craig Hilton Taylor, représentant de l’UICN, a reconnu que la communauté internationale «a échoué dans l’objectif qu’elle s’était fixée» de freiner la perte de biodiversité. Un objectif «plus ambitieux», visant à empêcher d'ici à 2020 l'extinction des espèces reconnues aujourd'hui comme menacées, sera proposé à la conférence sur la biodiversité à Nagoya, a-t-il indiqué. «La liste rouge publiée aujourd'hui sera présentée à Nagoya, et nous ferons tout pour que les plantes ne soient pas oubliées», a souligné Craig Hilton Taylor.