Combien de pétrole reste-t-il dans le golfe du Mexique?

PLANETE La quantité de pétrole flottant encore dans l'océan créé la polémique...

A.C. avec AFP

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Un pélican touché par la marée noire dans le golfe du Mexique, le 2 juillet 2010.
Un pélican touché par la marée noire dans le golfe du Mexique, le 2 juillet 2010. — REUTERS/Staff Photographer

Le golfe du Mexique n’est pas sorti d’affaire. Un océanographe de l’Université de Floride a relancé lundi la polémique sur la quantité de pétrole flottant encore au large des côtes américaines, affirmant que plus de 50% du brut serait resté dans l’océan. Le gouvernement américain avait pour sa part annoncé qu’il n’en restait que 25% en août dernier.

De 50 à 75% du pétrole encore dans l’océan

«La grande concentration» du pétrole qui a fui du puits accidenté fait que «plus de 50%» de ce pétrole serait encore dans les eaux du golfe, a déclaré Ian MacDonald, l’océanographe interrogé par la Commission présidentielle indépendante d'enquête sur la marée noire. «La plus grande part de ces hydrocarbures est maintenant recouverte par des sédiments marins et côtiers», selon ce spécialiste, qui note «le peu d'indication d'une dégradation par des bactéries de ce pétrole avant qu'il ne soit enfoui».

Le mois dernier, cinq experts de l'université de Géorgie avaient été encore plus pessimistes en estimant que 70 à 79% du pétrole se trouvait encore dans le golfe du Mexique. «Nous avons seulement analysé à nouveau le rapport du gouvernement fédéral et calculé la quantité de pétrole pouvant probablement se trouver encore dans l'océan, et c'est comme cela que nous sommes arrivés à 70 à 79%», avait alors expliqué à l'AFP Charles Hopkinson, un de ces experts. «Il faudra probablement des années avant qu'il ne se dégrade complètement», avait prévenu cet océanographe.

Le gouvernement hésitant sur les chiffres

De son côté, le gouvernement américain est accusé d’avoir minimisé la quantité de pétrole flottant en mer. L'analyse du gouvernement fédéral, révélée début août par l'Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA), était beaucoup plus optimiste et parlait de 75% du brut éliminé. «La vaste majorité du pétrole de la marée noire provoquée par BP s'est soit évaporée, soit a été brûlée, récupérée en mer ou dispersée», écrivait alors la NOAA.

Un responsable fédéral avait cependant indiqué à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, que probablement seulement 50% du brut avait été éliminé. Jane Lubchenco, patronne de la NOAA, avait ultérieurement confirmé l'estimation de 75%.

Des approximations et hésitations qui pourraient nuire à Barack Obama, qui ne cesse d’affirmer que la politique environnementale de son administration s’appuie sur des données scientifiques fiables.