Un salon pour s'habiller chic et éthique

PLANETE Les créateurs de mode éthique sont à l'honneur...

Audrey Chauvet
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Défilé lors de l'Ethical fashion show, le 25 septembre 2010, à Paris.
Défilé lors de l'Ethical fashion show, le 25 septembre 2010, à Paris. — AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS

On peut être au top de la tendance sans avoir mauvaise conscience. Jusqu’au 28 septembre à la Cité de la mode et du design à Paris, l’«Ethical fashion show» va faire défiler les créateurs engagés pour le développement durable. Ce salon, créé en 2004, veut prouver que mode et éthique peuvent aller de pair, loin de l’image des «sweatshops» (ateliers de misère) d’Asie où sont produits un grand nombre de vêtements vendus en Occident. 

Des engagements sociaux et environnementaux

Point commun des créateurs sélectionnés pour participer à l’«Ethical fashion show»: ils se sont tous engagés à travailler dans des conditions respectueuses de l’homme et de l’environnement. Sur le plan social, le respect des règles de l’Organisation internationale du travail et de la propriété intellectuelle doivent permettre aux communautés travaillant pour les marques de vivre décemment et de se développer.

Pour minimiser l’impact environnemental de la fabrication des vêtements, les matières premières sont rigoureusement choisies: coton bio, chanvre, lin,... et tous les stades de la fabrication (teinture, tissage, transports, recyclage) doivent être pensés pour réduire les impacts sur la planète.

Une robe en pellicule ou une écharpe en banane

Plus de cent créateurs participent à la septième édition de l’«Ethical fashion show» et rivalisent d’imagination pour concevoir des vêtements durables: robes en pellicule de film recyclée, écharpes en orties ou en fibres d’ananas et de bananes... Des créations qui servent souvent à sensibiliser les victimes de la mode aux questions environnementales, par exemple avec une robe qui s’allume quand elle détecte une forte concentration de CO2.

Du côté des consommateurs, la mode éthique n’est pas encore rentrée dans les mœurs: une étude réalisée par l’Institut français de la mode en 2009 révèle que même les consommateurs informés, qui connaissent l’existence de marques de vêtements «éthiques», font bien souvent une exception en ce qui concerne leur look. Ce qui les freine: ils ne savent pas où acheter ces produits et refusent de payer un prix plus élevé sans avoir de certitudes sur les allégations éthiques des marques. 38% des personnes interrogées pensent qu’un label permettrait de s’assurer du caractère responsable d’un vêtement. Une solution, peut-être, pour sortir de l’idée qu’il suffit qu’un tee-shirt soit en coton bio pour être éthique.