L'éclairage urbain de demain sera écolo

PLANETE Et il aura plein d'autres avantages, promettent les villes...

Oriane Raffin

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Le trottoir générateur d'électricité en expérimentation à Toulouse.
Le trottoir générateur d'électricité en expérimentation à Toulouse. — AFP

Des tours lumineuses qui donnent la météo, un trottoir qui produit de l’électricité ou encore un toit de lycée couvert de panneaux solaires... A partir de ce mercredi, les villes de l’association Luci (Lighting urban community international) se réunissent à Chartres pour parler éclairage urbain autour de la signature d’une charte pour un éclairage public durable.

L’occasion pour chaque ville de détailler ses innovations et ses projets. Car l’éclairage de demain, s’il sera de plus en plus écolo, devrait aussi profiter par d’autres aspects aux citoyens. Petit tour d’horizon des progrès faits par nos communes...

Economie d’énergie et réduction des émissions de CO2
Evidemment, le premier gain concerne l’environnement. A Eindhoven, aux Pays-Bas, tout un quartier a été équipé uniquement de LED, sur le matériel existant. Des ampoules qui consomment moins d’énergie et ont une durée de vie plus longue. Résultat: 5.500 euros par an d’économies d’énergie et de maintenance (puisqu’il faut moins souvent intervenir sur les lampadaires). Et au total, ça fait 14,5 tonnes de CO2 émises par an en moins.

Diminution de la pollution lumineuse et meilleure qualité d’éclairage
«La lumière, c’est anonyme, c’est ce qui se voit le moins dans une ville, et pourtant, ça change la qualité de vie», explique Jean-Michel Daclin, adjoint au maire de la ville de Lyon. Lumière blanche, plus chaleureuse que le jaune ou l’orange, diminution de l’intensité la nuit, etc. de nombreuses petites adaptations des éclairages urbains existants améliorent aussi la qualité de vie des habitants.

Préservation du patrimoine
La ville de Leipzig, en Allemagne, a contribué à la mise en valeur du patrimoine architectural du centre-ville, grâce à ses modifications. La lumière de l’éclairage par LED s’approche en effet beaucoup plus de l’ancien éclairage urbain, au gaz.

Amélioration de la sécurité
Le Vaanweg de Rotterdam, une longue rue très passante, a bénéficié du programme «Light Vision», comme au total 150 km de voies. Moins de pollution visuelle, mais surtout un spectre de lumière plus large. Résultat: la sécurité routière est renforcée grâce à une meilleure visibilité - que ce soit pour les piétons ou les automobilistes.

Adapter aux besoins réels
«L’économie, c’est n’éclairer que quand il y en a besoin», explique Joël Lavergne, responsable de l’éclairage public de la Ville de Toulouse. Et concrètement, les appareils d’éclairage de deux rues, équipés de LED et de détecteurs de mouvements par infrarouge, ont une intensité variable, et n’éclairent à pleine puissance que quand il y a du monde dans la rue.

Développer des technologies innovantes
A Toulouse, c’est un trottoir qui produit de l’énergie, qui alimente des réverbères et des plots alimentés par l’énergie solaire. A Lyon, le lycée Saint Just, bâtiment historique situé sur la colline de Fourvière, surplombant la ville, est désormais éclairé une partie de la nuit, mais produit lui-même de l’électricité grâce à des panneaux solaires. Les villes développent, en partenariat avec des industriels, des technologies innovantes.

Vivre la ville différemment
A Glasgow, trois tours du quartier de Castlemilk sont éclairées et diffusent, grâce à des pictogrammes, des infos sur la météo. Le développement de ce projet, dans un quartier défavorisé, a permis de renforcer la cohésion entre les habitants. De l’éclairage, donc, les élus municipaux ont rebondi, sur l’environnement mais aussi le social.