Le vélo pas près de remplacer la voiture

PLANETE A Montréal, seuls 10% des vélos en libre-service remplacent les voitures...

Audrey Chauvet avec AFP

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Un Vélib' en juillet 2009 à Paris.

Un Vélib' en juillet 2009 à Paris. — AFP PHOTO PHILIPP GUELLAND

Vélib’, Vélo’v et autres vélos en libre-service ne seraient pas suffisants pour lutter contre la pollution en ville. C’est la conclusion d’une étude canadienne, selon laquelle seulement un trajet sur dix effectué en vélo en libre-service remplace l’usage d’une voiture à Montréal. Dans seulement 2% des cas, les déplacements réalisés en «Bixi» auraient dû l’être en voiture privée si ces vélos n’existaient pas, et 8% des usagers ont utilisé cette bicyclette plutôt qu’un taxi, ont indiqué les chercheurs.

Des bienfaits pour l’environnement «grossièrement exagérés»

Parue le 9 septembre dans le quotidien canadien The Gazette, l’étude des chercheurs de l’université McGill, basée sur l’utilisation des 5.000 «Bixi» de Montréal, affirme que les bienfaits pour l’environnement des vélos ont été «grossièrement exagérés». Pour la grande majorité des usagers, ce sont d’autres modes de transport peu polluants qui ont été remplacés par les vélos en libre-service. Ainsi, 86% des trajets effectués avec les Bixi auraient été initialement faits à pied, avec des vélos privés ou en empruntant les transports en commun.

Les conclusions canadiennes semblent corroborer une étude française menée à Lyon peu après le lancement des Vélo’v en 2005: 10% des cyclistes lyonnais avaient alors troqué la voiture contre un vélo en libre-service.

Pas d’étude chiffrée à Paris

A Paris, aucune étude ne permet de connaître le taux de remplacement des voitures par les Vélib’. Selon les informations communiquées par la mairie de Paris à 20minutes.fr, Vélib’ «remplace tous les modes de transport existants dans des proportions variables et peut aussi compléter les modes de transport». L’aspect pratique et économique du Vélib’ l’emporterait sur le souci écologique pour beaucoup d’usagers, même si l’absence de pollution atmosphérique et sonore incite aussi les Parisiens à enfourcher un vélo.

«Cela ne veut pas dire pour autant que les Bixi sont inutiles», a déclaré à The Gazette Julie Bachand-Marleau, l'une des étudiantes de l'Ecole d'urbanisme de McGill, à l'origine de cette recherche. Ces conclusions indiquent plutôt que les vélos en libre-service sont appréciés pour leur commodité et leur mobilité, a-t-elle ajouté.

Ce sondage démonte toutefois l'idée selon laquelle ce nouveau genre de transports publics permet de réduire drastiquement les émissions de gaz à effets de serre, note le journal canadien. Sur le site Web officiel de Bixi, il est ainsi indiqué que depuis le lancement de ces vélos l'année dernière, plus de 900 tonnes de gaz à effet de serre ont été évités. Il ne s'agit que d'estimations, a fait valoir la société, interrogée par The Gazette.

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