Bananes aux Antilles: un rapport pointe des anomalies autour du chlordécone

ENVIRONNEMENT La gestion de la prévention autour de ce produit utilisé dans les bananeraies aurait été assez floue...

O.R.

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La banane de Guadeloupe et Martinique est de retour en France, huit mois après le passage du cyclone Dean qui avait décimé les plantations des Antilles françaises, ont annoncé mardi les producteurs.
La banane de Guadeloupe et Martinique est de retour en France, huit mois après le passage du cyclone Dean qui avait décimé les plantations des Antilles françaises, ont annoncé mardi les producteurs. — Mychele Daniau AFP/Archives

Nouveau rebondissement dans l’affaire du chlordécone. Le ministère de l’Agriculture aurait ignoré plusieurs alertes quant aux risques sur la santé liés à l’utilisation de cet insecticide dans les bananeraies des Antilles françaises jusqu’en 1993. C’est qu’affirme un rapport cité par Le Monde ce mardi.

Son auteur, Pierre-Benoît Joly, un chercheur de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) pointe de «véritables anomalies dans le cadre d’une approche de prévention», alors que cet insecticide était interdit aux Etats-Unis depuis 1976.

Classé comme cancérigène possible en 1979, il a été interdit en 1990 en métropole et en 1993 aux Antilles, rappelle le quotidien, alors que l’homologation du produit avait été repoussée à deux reprises, en 1968 et 1969. Elle passe en 1971, à la Commission d'étude de l'emploi des toxiques en agriculture, sans doute grâce à l’appui de membres influents, détaille Le Monde.

Documents introuvables

Dans les années 80, de nouvelles autorisations sont données, malgré différents rapports. «Comment la Commission des toxiques a-t-elle pu ignorer les signaux d'alerte mentionnés précédemment: les données sur les risques avérés publiées dans de nombreux rapports aux Etats-Unis, le classement du chlordécone dans le groupe des cancérigènes potentiels, les données sur l'accumulation de cette molécule dans l'environnement aux Antilles françaises?», s'étonne Pierre-Benoît Joly, dans les colonnes du Monde. «Ce point est assez énigmatique», confie-t-il. Certains documents sont en effet introuvables.

Autre problème, selon le rapport: les conséquences de l’utilisation de ce produit, pourtant connues, ne sont prises en compte que très tardivement, l’affaire n’éclatant vraiment qu’en 1999, avec des décisions politiques pour 2008-2010, «trois décennies après les premiers signaux», note le quotidien.

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