Les méduses passent leurs vacances sur la Costa Blanca

PLANETE Un nombre exceptionnel de baigneurs se sont fait piquer cet été...

Audrey Chauvet
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Une méduse sur la plage d'El Perellonet, au sud de Valence, en Espagne, le 11 août 2010.
Une méduse sur la plage d'El Perellonet, au sud de Valence, en Espagne, le 11 août 2010. — Fernando Hernandez/AP/SIPA

D’habitude, elles font quatre ou cinq victimes par jour. Mais cette année, l’office de tourisme de Elche, sur la Costa Blanca espagnole, au sud d’Alicante, a recensé près de 380 personnes piquées par des méduses pendant la seule journée de mardi. Depuis le 8 août, ce sont au moins 700 personnes qui ont fait les frais de l’arrivée massive de méduses le long des côtes espagnoles.

Costa Blanca et Pays Basque sont touchés

«Depuis cinq ou six ans que je fais ce métier, je n’ai jamais rien vu de tel», déclare Juan Carlos Castellanos, de l’office de tourisme d’Elche, à l’Associated Press. Les méduses, de petite taille et très difficiles à voir dans l’eau, sont concentrées sur cinq kilomètres le long de le Costa Blanca, où les plages n’ont toutefois pas été fermées. Des avertissements ont été affichés et des bateaux font des rondes au large pour détecter les bancs de méduses.

Au Pays Basque, ce sont d’autres méduses, bien plus grosses, qui colonisent le rivage. Légèrement violettes et dotées de longues tentacules, ces méduses de type physalie ont piqué plus de 300 personnes durant les trois dernières semaines sur la côte basque espagnole.

Paradoxalement, d’autres régions espagnoles, dont la Catalogne et les Baléares, déclarent que les méduses ont plutôt déserté leurs rivages cet été. 

Les biologistes accusent le réchauffement climatique

La température élevée de l’eau sur les côtes pourrait expliquer ce déferlement. Des courants forts auraient entraîné les méduses vers les côtes, où elles auraient ensuite stagné dans l’eau chaude. Habituellement, les eaux moins salées des côtes freinent les méduses. Mais avec les très faibles pluies du début de l’été, les cours d’eau n’ont pas apporté assez d’eau douce à la mer pour que cette barrière naturelle se forme.

La surpêche pourrait également avoir une part de responsabilité: en diminuant le nombre de poissons qui mangent les méduses ou le plancton dont elles se nourrissent, la pêche excessive favorise la propagation des méduses.