L'hôtel, c'est mieux avec l'écolabel

ETE Les vacances écolos, ça peut aussi être très confortable...

Audrey Chauvet

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Une chambre de l'hôtel Gavarni, écolabellisé, à Paris.
Une chambre de l'hôtel Gavarni, écolabellisé, à Paris. — Hôtel Gavarni

L’hôtel Gavarni cache bien son jeu. Derrière l’ambiance feutrée et la déco romantique, ce petit hôtel de 25 chambres au cœur du 16e arrondissement de Paris est un pionnier de l’écologie. Premier hôtel indépendant de Paris à obtenir l’écolabel européen, l’hôtel Gavarni prouve que respect de l’environnement et confort peuvent aller de pair.

Un écolabel crédible et exigeant

«Notre hôtel est un hôtel comme un autre, on ne voit pas la différence mais notre impact sur l’environnement est moindre», explique le directeur, Xavier Moraga. Défenseur de la nature, ses convictions l’ont mené à engager son hôtel dans une démarche écologique: réducteurs de débit d’eau, ampoules à économie d’énergie,... Autant de gestes qui permettent «d’éveiller les consciences» des clients.

La certification européenne n’est arrivée qu’en 2008, pour valoriser la démarche écologique auprès de la clientèle. «A prix égal, c’est un critère qui peut faire basculer le choix, explique Prisca Scheidecker, la directrice adjointe. Certains clients sont des convaincus, les autres ne demandent qu’à l’être».

Pour obtenir l’écolabel européen, il a fallu remplir 84 critères. Cet avis impartial et rigoureux crédibilise la démarche: «L’écolabel européen est ce qui se fait de mieux, c’est le plus exigeant», explique Prisca Scheidecker. Une manière aussi de revoir régulièrement ses ambitions à la hausse pour l’hôtel, qui a déjà commencé à installer des bacs à douche recycleurs d’eau et des détecteurs de présence pour couper automatiquement l’électricité dans les chambres.

Des poubelles pas assez belles

Dès l’accueil, les clients sont briefés: après avoir passé la nuit dans des draps en coton bio, ils peuvent savourer un petit-déjeuner 100% bio et prendre une douche dont le débit sera limité par des régulateurs d’eau. Les draps et serviettes ne sont pas changés tous les jours, sauf si demandé expressément, afin d’économiser l’énergie et l’eau nécessaires au lavage. Les chambres sont nettoyées avec des produits bios, notamment du vinaigre blanc, et des poubelles de tri sont installées partout dans l’hôtel.

Ces poubelles incarnent les difficultés rencontrées par les managers: «Le plus dur a été de trouver les bons interlocuteurs chez les fournisseurs et des produits adaptés à l’hôtellerie», déplore Prisca Scheidecker. C’est comme ça que des poubelles de tri en plastique peu esthétiques sont arrivées à l’hôtel Gavarni, faute de poubelles jolies et écolos. «Ce qui manque, c’est une centrale d’achats verts», renchérit Xavier Moraga. Car le directeur est intraitable avec ses fournisseurs: pas question de faire rouler un camion pour rien ou de recevoir des produits suremballés. «Nous compensons toutes nos émissions de carbone, y compris celles de nos fournisseurs. C’est compliqué, il faut analyser toute la chaîne», explique-t-il.

Changer les mentalités

La prise en compte de tous les aspects du développement durable tient à cœur de Xavier Moraga. Ainsi, l’aspect social n’est pas délaissé: l’hôtel peut se vanter d’un taux de rotation du personnel exceptionnellement faible pour l’hôtellerie. «Certains employés sont là depuis quinze ans. Nous n’avons actuellement que des CDI et un seul stagiaire. Nous avons mis en place une mutuelle, un régime de prévoyance, un intéressement... Il faut donner envie au personnel de rester, car les clients sont contents de retrouver les mêmes visages», nous explique Xavier Moraga sous l’œil du réceptionniste. 

«L’écologie, c’est plutôt un changement de mentalités que des investissements financiers», conclut Xavier Moraga, qui espère bien convaincre ses hôtes que l’écologie peut être simple, économique et agréable à vivre.

Il existe en France plus de 70 hôtels et gîtes porteurs de l’écolabel européen. La liste de ces hébergements et les critères à remplir sont disponibles sur le site de l’écolabel.