La dépollution de la Crau créé la polémique

PLANETE Un an après la rupture d'un pipeline...

Audrey Chauvet avec AFP

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Installation de pompage de la nappe phréatique à la réserve naturelle de la Crau, dans les Bouches-du-Rhône, le 5 août 2010.
Installation de pompage de la nappe phréatique à la réserve naturelle de la Crau, dans les Bouches-du-Rhône, le 5 août 2010. — AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS

Un «vrai désastre écologique». Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, qui avait ainsi qualifié la rupture d’un pipeline le 7 août 2009 dans la réserve naturelle de la Crau, retourne ce mardi dans les Bouches-du-Rhône pour faire un point sur l’évolution du chantier de dépollution. Un an après, le pompage de la nappe phréatique se poursuit, tandis que la réhabilitation du site fait toujours débat.

Nettoyage de la nappe phréatique en priorité

Première mesure de dépollution: nettoyer la nappe phréatique. «Au niveau de la nappe phréatique qui a été touchée, on a mis en place une installation de dépollution», a expliqué à l’AFP Emilie Batt, chef du service environnement de la SPSE, société à laquelle appartient le pipeline. Selon elle, «depuis la mise en place de ce système de dépollution début avril, 4.000 litres d'hydrocarbures» ont été récupérés.

Du côté des responsables de la réserve naturelle, on se montre sceptique sur cette évaluation. «On n'arrive pas à suivre SPSE sur les chiffres qu'elle annonce pour le pétrole résiduel», a affirmé à l'AFP Axel Wolff, l'un des responsables de la réserve. «Il y a quelques mois, ils disaient qu'il y avait encore 2.500 tonnes», dit-il, ajoutant: «si on reprend les calculs qu'ils ont fait jusqu'ici et qu'ils estimaient fiables il n'y a pas longtemps encore, on devrait être à 2.300 tonnes. On voudrait que tout cela soit éclairci».

Réhabiliter, mais comment?

A la discordance sur le volume de la pollution résiduelle, s'ajoute une controverse sur la réhabilitation du site. «On a effectivement une grosse incertitude sur ce qu'il convient de faire maintenant», souligne Axel Wolff. «Ce que les responsables de SPSE préconisent maintenant, c'est de remblayer en laissant le pétrole résiduel dans le sous-sol en argumentant que ce pétrole n'aura pas d'influence sur l'environnement».

Du côté de SPSE, on confirme envisager cette solution. «C'est peut-être la bonne position mais pour l'instant, nous n'avons que la voix de la SPSE là-dessus», juge Axel Wolff. «Il y a une tierce expertise qui a été demandée par les services de l'Etat et on voudrait d'abord avoir les résultats de cette contre-expertise car nous sommes sur des questions qui sont extrêmement complexes».

Une réunion entre tous les protagonistes du dossier (SPSE, responsables de la réserve et services de l'Etat) doit se tenir le 17 août et doit aborder la question.

Le 7 Août 2009, environ 4.500 tonnes de pétroles s’étaient déversées à la suite d’une rupture sur une canalisation enterrée de la Société du pipeline sud-européen (SPSE). Environ cinq hectares de la réserve naturelle de la Crau ont été pollués par le pétrole.