De la viande de boeuf cloné dans les assiettes britanniques

PLANETE Après le lait de vaches clonées, de la viande a été commercialisée...

Audrey Chauvet
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Un troupeau de vaches en Grande-Bretagne.
Un troupeau de vaches en Grande-Bretagne. — ATLAS PHOTOGRAPHY/SIPA

La FSA, l’agence en charge de la sécurité alimentaire en Grande-Bretagne, a annoncé ce mardi que la viande d’un bœuf né d’une vache clonée avait été vendue en Grande-Bretagne. Les investigations menées sur le lait de vache clonée, dont l’existence a été révélée ce lundi, ont mené la FSA sur la trace de deux bœufs nés au Royaume-Uni à partir d’embryons clonés aux Etats-Unis. La viande de l’un d’eux a été commercialisée en juillet 2009, mais la FSA affirme que celle du second animal, un bœuf abattu le 27 juillet 2010, a été interceptée avant d’atteindre les rayons.

Le système de contrôle britannique ne serait pas défaillant...

Tim Smith, directeur général de la FSA, a défendu ce mercredi le système de traçage de la viande et la supervision des abattoirs britanniques menée par son agence. Toutefois, il a reconnu ne pas être en mesure de savoir combien d’embryons de vaches clonées ont été importées au Royaume-Uni, ni jusqu’à quel point les produits issus d’animaux clonés ont pu s’introduire le marché britannique.

La FSA compte sur les éleveurs pour l’aider dans ses investigations: «Le système est bon, mais il repose sur l’honnêteté des gens qui y participent. Chaque fermier, chaque éleveur, chaque agent, doit être transparent et nous dire ce qu’il fait réellement», a déclaré Tim Smith à la BBC.

...mais la législation européenne incomplète

Alors que la FSA se réfère à la législation européenne sur les «nouveaux aliments», qui impose une autorisation avant toute mise sur le marché, la Commission européenne elle-même en pointe les failles. L’agence britannique menace d’une amende de 5.000 livres sterling (6.000 euros) les éleveurs qui n’ont pas demandé d’autorisation de commercialisation. Mais elle pourrait avoir mal interprété la loi: la Commission européenne a rappelé ce mardi qu’elle ne s’applique pas aux produits issus d’animaux nés de «parents» clonés.

Un des représentants de la Commission a déclaré qu’il pourrait y avoir en Europe «beaucoup de lait d’animaux issus du clonage, étant donné qu’il n’y a pas besoin d’informer les autorités pour cela». D’autre part, les importations d’embryons d’animaux clonés ne font l’objet d’aucune restriction. Il est donc probable que de nombreux porcs ou vaches soient nés en Europe d’un embryon cloné, et que le fromage ou le lait présents dans nos rayons ne soient pas tout à fait naturel.

Pas de risques avérés mais des questions éthiques

La FSA a toutefois rassuré sur les risques de ces aliments: aucune preuve ne permet d’affirmer qu’ils présentent un danger pour la santé humaine. Selon une étude menée par des scientifiques américains et japonais en 2005, le lait et la viande issus de bétail cloné seraient propres à la consommation, du moment que l’animal est en bonne santé.

Toutefois, il est courant que les animaux issus du clonage présentent des anomalies: naissance prématurée, malformations (notamment des organes trop gros, générant des problèmes de respiration et de circulation sanguine), ou décès précoces. «Bien qu’aucun problème de sécurité n’ait été identifié à ce jour pour la viande issue d’animaux clonés, cette technique soulève de sérieuses questions sur le bien-être des animaux, la perte de la biodiversité et des problèmes éthiques», a déclaré la députée européenne Corinne Lepage.