Le Mont-St-Michel va redevenir une île

PLANETE Le désensablement commence par le déplacement du parking...

Audrey Chauvet avec AFP

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Les parkings situés au pied du Mont-St-Michel, en 2006.
Les parkings situés au pied du Mont-St-Michel, en 2006. — MAISONNEUVE/SIPA

Les voitures vont devoir prendre le large: les travaux de déplacement des parkings du Mont-St-Michel, destinés à refaire du site une île, démarrent ce lundi. La polémique sur le projet d’accès, accusé d’être plus cher et moins pratique pour les touristes, persiste. 

Plus loin et plus cher

Les nouveaux parkings, qui devraient ouvrir en novembre 2011, seront situés à 3km du rocher, selon les plans de Veolia qui a décroché le marché du parking, dont le prix passera de 5 à 8,50 euros, et des navettes. Les trois millions de touristes annuels devront marcher au moins 900m avant de prendre une navette jusqu’au Mont. Pour les plus écolos, des voitures à cheval seront disponibles pour 6,50 euros par passager.

Mais l’opposition au projet de Veolia ne désarme pas. L’Association pour la qualité de l’accès au Mont est inquiète pour l’attractivité touristique du site: «Si rien ne change, c’est en moyenne 1,3km aller, autant au retour, que tout visiteur devra parcourir à pied du parking aux navettes. Cette distance, ajoutée aux conditions climatiques, deviendra un véritable chemin de croix pour beaucoup».

Le Centre des monuments nationaux qui gère l’abbaye du Mont-St-Michel a lui-même déjà exprimé sa «préoccupation»: les touristes seront-ils toujours aussi nombreux à grimper jusqu’au monument, à 8,50 euros le ticket d’entrée, après avoir déjà déboursé au moins 8,50 euros en stationnement et transport?

Désensabler et conserver l’authenticité du site

Le projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-St-Michel a été lancé en 2006, pour 6 ans de travaux. Pour lutter contre l’ensablement naturel de la baie, dû aux sédiments apportés par la marée, plusieurs travaux vont avoir lieu, dont un barrage sur le Couesnon, la rivière qui se jette dans la baie, un pont-passerelle et le déplacement des parkings.

Ces aménagements devraient permettre de débarrasser le Mont des herbes et du sable qui l’enserrent: en deux ans, trois millions de mètres cube de sédiments devraient disparaître naturellement. Mais surtout, ils redonneront au monument, classé patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, son authenticité en le débarrassant de milliers de voitures à son pied.