Marée noire dans le golfe du Mexique: ça fuit toujours...

ENVIRONNEMENT Et le mauvais temps n'aide rien...

avec AFP

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Un pélican touché par la marée noire dans le golfe du Mexique, le 2 juillet 2010.
Un pélican touché par la marée noire dans le golfe du Mexique, le 2 juillet 2010. — REUTERS/Staff Photographer

Le pétrole fuit toujours, mais les opérations de récupération du brut ont repris. Dans le golfe du Mexique, la marée noire provoquée par l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon continue de souiller l’océan. Les opérations de récupération du brut, stoppées à cause du mauvais temps, ont repris partiellement dimanche.

«Nous sommes en train de pomper du pétrole en Louisiane, mais pas dans l'Alabama, le Mississippi et la Floride», a déclaré Stephanie Hebert, une responsable des garde-côtes, citant les quatre Etats américains touchés jusqu'ici par la pollution. «Dans aucun de ces Etats nous ne brûlons du pétrole», a-t-elle ajouté, expliquant que la reprise des opérations de secours n'était que partielle en «raison des conditions météorologiques».

Barrières flottantes

En revanche, elle a souligné que dans les quatre Etats des équipes avaient recommencé à installer des barrières flottantes, afin d'empêcher le brut de parvenir jusqu'aux côtes. Depuis le passage de la tempête tropicale Alex non loin de la zone de la marée noire, les opérations de récupération du pétrole et de nettoyage des côtes sont perturbées.

Les espoirs se concentrent actuellement sur le navire taïwanais «A Whale», le plus grand du monde pour la récolte de pétrole en surface, qui réalise depuis samedi des tests de récupération du brut dans le golfe du Mexique. Ces tests vont se conclure ce lundi, a indiqué Stephanie Hebert.

Jusqu’à 50.000 barils pompés par jour

Le bateau, qui a la taille de quatre terrains de football et peut pomper jusqu'à 50.000 barils de pétrole par jour, est censé pomper un mélange de brut et d'eau, séparer les deux éléments et rejeter en mer l'eau ainsi nettoyée.

Alors qu'elle est confrontée à une facture énorme dans ses efforts visant à nettoyer la marée noire -jusqu'à 60 milliards de dollars (47 milliards d’euros), selon certaines estimations-, la compagnie BP se tourne vers des groupes pétroliers rivaux et des fonds d'Etat pour parer à une potentielle offre publique d'achat OPA hostile, selon la presse internationale.

Le journal émirati The National, basé à Abou Dabi, a affirmé dans son édition en ligne que des fonds d'Etat du Proche-Orient ont proposé de faire un investissement stratégique dans BP, et ainsi placer 20 milliards de dollars (15,97 milliards d’euros) sur un compte fiduciaire afin de payer pour le nettoyage dans le golfe du Mexique.

3,12 milliards de dollars

De son côté, le journal britannique Sunday Times écrit que BP est à la recherche d'un investisseur stratégique pour lui acheter entre 5 et 10% des actions, pour un prix allant jusqu'à 9,1 milliards de dollars (7,26 milliards d’euros).

Le géant pétrolier britannique BP, qui s'est engagé à verser 20 milliards d'indemnisations aux victimes de la fuite de brut, a estimé ce lundi que la marée noire lui avait déjà coûté 3,12 milliards de dollars (2,49 milliards d’euros).