Des vacances qui roulent

VOYAGE Partir à vélo, une pratique de plus en plus populaire...

Audrey Chauvet avec AFP

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Randonnée en VTT dans les Ardennes, en 2009.
Randonnée en VTT dans les Ardennes, en 2009. — FAUTRE/SIPA

Sur la route des vacances, le vélo prend de l’avance. Les vacanciers privilégiant la lenteur, l’environnement et l’exercice physique sont de plus en plus nombreux à enfourcher leur vélo pour explorer les campagnes françaises ou même partir à l’autre bout du monde.

Des agences de voyage qui affichent complet, des forums spécialisés sur le Web, des manifestations pour encourager à pédaler... Le vélo pourrait être une alternative au voyage de masse.

Respect de l’environnement au sens large

La dimension écologique des voyages à vélo est bien entendu une motivation importante pour les vacanciers. Mais c’est aussi une autre conception du voyage qu’ils découvrent et qui bien souvent les rend adepte du vélo: «Cette autre manière de voyager, plus près, dans son propre pays, est si enrichissante qu’elle remet vraiment en cause le besoin de prendre l’avion pour partir loin, témoigne Julien, 25 ans. D’emblée, ce que j’ai aimé dans le voyage à vélo, c’est qu’il redonne toute sa valeur au trajet. Il n’y a plus seulement la destination finale qui est digne d’intérêt: chaque kilomètre, chaque minute de trajet fait partie de l’intérêt du voyage.»

Eugénie Triebel, fondatrice de l’agence de voyages «Le vélo voyageur», confirme: «Les gens partent à vélo pour vivre autre chose. Ils vont souvent dans des régions qu’ils connaissent déjà mais qu’ils ont envie de redécouvrir sous un nouvel angle en prenant le temps et en appréciant le paysage. C’est le respect de l’environnement au sens large qui est important, notamment le respect des cultures locales et les rencontres.»

Enfants, familles, personnes âgées...tout le monde pédale

De l’avis des professionnels, l’engouement des Français pour le tourisme à vélo est nettement marqué depuis cinq ans et le public change: «Il n’y a pas si longtemps, cette pratique était plutôt réservée à des routards allumés. Aujourd’hui, le grand public, notamment les familles, envisage ce voyage comme du domaine du possible», explique à l’AFP Alexandre Rabot, de l’association lyonnaise «pro-vélo» Pignon sur rue.

Mais des vacances à vélo avec des enfants ou quand on est âgé, ce n’est pas un peu compliqué? «On peut faire des étapes courtes et on n’a pas besoin d’être un grand sportif, explique Eugénie Triebel. Une personne âgée de 73 ans nous a adressé une demande récemment!»

Un potentiel économique énorme

Les agences de voyage spécialisées dans le tourisme cycliste fleurissent. «Le tourisme à vélo représente aujourd’hui 4% des séjours en France: c’est peu, mais c’est un secteur en devenir, qui correspond à de fortes attentes de la société, en termes de convivialité et de développement durable», analyse Philippe Maud’hui, directeur de l’ingénierie et du développement à Atout France, l’agence de développement touristique de la France.

Car au-delà des 17 millions de Français qui prennent régulièrement le vélo, le potentiel économique des touristes étrangers venant pédaler sur les routes françaises est énorme: «La France est la destination vélo la plus programmée au monde par les tour-opérateurs étrangers spécialisés», affirme Philippe Maud’hui. Le secteur génère ainsi 16.500 emplois et 1,9 milliard d’euros de revenus annuels (dont la moitié en hôtellerie et restauration) selon une étude publiée en juillet 2009 par Atout France.

Le vélo, phénomène de société?

Le vélo est devenu un compagnon quotidien pour les citadins, habitués aux vélos en libre-service, mais également le symbole d’un mode de vie plus serein. Lenteur, convivialité, regard différent sur le paysage... De nombreuses associations militent pour l’usage du vélo, et les manifestations cyclistes se multiplient: les Vélorutions, rassemblement de cyclistes en ville, ou l’AlterTour, qui prendra son départ samedi 3 juillet en même temps que le tour de France, prouvent que le vélo est aussi un moyen de transport des idées.