Les pesticides accusés de favoriser l'hyperactivité

PLANETE Une étude américaine établit un lien...

Audrey Chauvet
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Une enfant américaine court dans un champ du Massachusetts. 
Une enfant américaine court dans un champ du Massachusetts.  — REUTERS/Brian Snyder

Manger des fruits et légumes traités aux pesticides pourrait engendrer une hyperactivité chez les enfants. Une étude menée par des chercheurs américains et canadiens établit un lien entre les résidus de pesticides organophosphorés, présents dans l’alimentation, et les troubles de déficit de l’attention et l’hyperactivité (TDAH).

Deux fois plus de risques d’être atteint

Pour démontrer ce lien, les chercheurs ont étudié les cas de 1.139 enfants âgés de 8 à 15 ans. Les enfants présentant de forts taux de résidus de pesticides dans leurs urines ont presque deux fois plus de risques de souffrir de TDAH que les autres, selon la revue scientifique Pediatrics.

Sont en cause: les fruits et légumes traités (avec les pesticides organophosphorés le plus souvent), l’eau du robinet dans laquelle on retrouve aussi des résidus de pesticides, et dans une moindre mesure les insecticides utilisés dans les maisons, qui contiennent des éléments toxiques.

Inattention, impulsivité, hyperactivité,...

En France, le TDAH touche 5% des enfants en âge d’aller à l’école, mais aussi 3% environ des adolescents et 1 à 2% des adultes. Ses manifestations sont diverses: inattention, impulsivité, hyperactivité.

Bien souvent, des troubles accompagnent ces symptômes: anxiété et troubles de l’humeur pour 25% des enfants atteints, dyslexie et problèmes de coordination motrice. Les adolescents et les adultes atteints de TDAH seraient également plus enclins à une consommation excessive de tabac et d’alcool, voire de drogues.

La France, premier consommateur de pesticides en Europe

Cette étude américaine n’est pas la première à démontrer les dangers des pesticides sur la santé humaine. Le Centre d’immunologie de Marseille a ainsi prouvé l’existence d’un lien entre l’exposition aux pesticides des agriculteurs et certains cancers du sang.

Les effets secondaires des pesticides sur la totalité de la population sont encore mal établis, même si les épidémiologistes se concentrent sur les liens possibles avec les troubles de la reproduction et les troubles neurologiques.

Malgré cela, la France, avec 75.000 tonnes de pesticides utilisés par an, est toujours le plus gros utilisateur de produits phytosanitaires en Europe et occupe la quatrième place au niveau mondial.