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mobilisationA Bordeaux, 3.000 personnes et Greta Thunberg contre les puits de pétrole

A Bordeaux, 3.000 personnes et Greta Thunberg défilent contre un projet de nouveaux puits de pétrole à Arcachon

mobilisationUne manifestation contre le projet de huit nouveaux puits de pétrole à La Teste-de-Buch, sur le bassin d’Arcachon, se tenait dimanche à Bordeaux
Pétrole à Arcachon : Greta Thunberg aux côtés des manifestants
Mickaël Bosredon

Mickaël Bosredon

L'essentiel

  • Quelque 2.500 à 3.000 personnes (1.200 selon la préfecture) ont défilé dimanche dans les rues de Bordeaux, à l’appel d’un collectif d’associations, pour dénoncer un projet de huit nouveaux puits de pétrole à La Teste-de-Buch, sur le bassin d’Arcachon.
  • Parmi les manifestants, l’activiste écologiste star Greta Thunberg, ainsi que la Française Camille Etienne.
  • La France doit arrêter de produire du pétrole sur son territoire à partir de 2040, mais entend poursuivre les extractions jusque-là, ce que dénoncent les associations environnementales.

La mobilisation contre le projet de huit nouveaux puits de pétrole à La Teste-de-Buch, sur le bassin d'Arcachon (Gironde), a franchi une nouvelle étape. En attirant des figures de la lutte contre le réchauffement climatique, notamment Greta Thunberg, dimanche à la manifestation organisée à Bordeaux, le mouvement de protestation connaît désormais un nouvel écho, même si la présence de « stars » est parfois considérée à double tranchant.

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Un manifestant s’est ainsi agacé que les objectifs des photographes restent braqués un long moment sur la jeune suédoise, dès qu’elle est apparue dans le cortège. Pour le maire de Bordeaux Pierre Hurmic (EELV), au contraire, « le fait que des célébrités viennent s’ajouter aux nombreux citoyens mobilisés, est une très bonne chose, car cela va nous donner plus de chance d’être entendus au plus haut sommet de l’Etat. »

« C’est pas de la politique, je suis le maire », lance Pierre Hurmic à Greta Thunberg

L’élu s’est pourtant fait sèchement rabroué quelques minutes plus tard, lorsqu’il a tenté une approche auprès de Greta Thunberg. « Je suis le maire de Bordeaux, je veux la saluer, elle est dans ma ville », a-t-il ainsi glissé en s’approchant du cercle, très fermé, entourant la jeune suédoise. « Pas question, on ne veut pas de récupération politique », lui a-t-on vertement répondu. « C’est pas de la politique, je suis le maire », a insisté Pierre Hurmic, qui n’a pas pu obtenir gain de cause et a dû repartir en tête de cortège. Beau joueur, l’élu écologiste n’en voulait toutefois pas à la militante écologiste, et a mis ce refus sur le dos de son entourage…

Greta Thunberg à la manifestation à Bordeaux contre le projet de forage de huit nouveaux puits de pétrole sur le bassin d'Arcachon
Greta Thunberg à la manifestation à Bordeaux contre le projet de forage de huit nouveaux puits de pétrole sur le bassin d'Arcachon - Mickaël Bosredon

La figure de la lutte contre le réchauffement n’a de toute façon à aucun moment pris la parole, se contentant de scander quelques slogans, en français et en anglais, comme : « on est plus chauds que le climat », en sautillant et en frappant des mains.

« L’attention internationale est sur la France »

Au-delà de la venue de Greta Thunberg, qui était déjà présente la veille à la manif contre l'A69 Toulouse-Castres, la manifestation pacifique contre ces projets pétroliers a surtout réussi à mobiliser de 2.500 à 3.000 personnes (1.200 selon la préfecture). « Historique », a souligné Camille Etienne, l’autre star du défilé. L’activiste écologiste française, s’est, elle longuement exprimée sur le sujet des forages en France. « Cette manifestation réunit des habitants locaux, mais aussi des Suédois, des Belges… L’attention internationale est sur la France, pour dire qu’on ne peut pas autoriser de nouveaux puits de pétrole sur notre territoire, ni ici, ni ailleurs, car c’est tout simplement suicidaire. L’exploitation pétrolière induit des pénuries d’eau, un dérèglement climatique, des sécheresses… Et où qu’elle soit produite, une demi-tonne de CO2 a des effets partout à travers le monde. Il n’y aura plus de nouvelle extraction de pétrole en France, le président [Emmanuel Macron] n’arrête pas de le répéter, il faut le faire. Il faut que le préfet refuse ce projet qui est une aberration. »

L'activiste écologiste française Camille Etienne, lors de la manifestation à Bordeaux contre de nouveaux puits de pétrole sur le bassin d'Arcachon
L'activiste écologiste française Camille Etienne, lors de la manifestation à Bordeaux contre de nouveaux puits de pétrole sur le bassin d'Arcachon - Mickaël Bosredon

Accorder de nouveaux forages serait « un très mauvais signal »

L’objectif de la manifestation était clairement de mettre la pression sur l’Etat et le préfet de la Gironde Etienne Guyot. C’est lui qui doit donner le feu vert, ou pas, à la société canadienne Vermilion, pour exploiter huit nouveaux puits sur le « champ de Cazaux », situé à La Teste-de-Buch, sur le bassin d’Arcachon. Sa décision est attendue au cours du premier semestre, possiblement en avril, nous a indiqué vendredi la préfecture.

Manifestation à Bordeaux contre le projet de forage de huit nouveaux puits de pétrole sur le bassin d'Arcachon
Manifestation à Bordeaux contre le projet de forage de huit nouveaux puits de pétrole sur le bassin d'Arcachon - Mickaël Bosredon

Elle interviendra alors que la loi Hulot adoptée par le parlement en 2017 prévoit que la France arrêtera complètement de produire du pétrole et du gaz naturel en 2040. Ce qui n’interdit pas le forage de nouveaux puits sur des permis en cours de validité jusque-là. Mais accorder de nouveaux forages serait « un très mauvais signal » s’accordaient à dire l’ensemble des associations environnementales présentes ce dimanche à Bordeaux. « Nous devons tous ensemble dire non à tout nouveau projet de production d’énergie fossile, ni ici, ni ailleurs », a martelé Nathalie Hervé, de l’association Stop Total, et coordinatrice du mouvement « Stop Pétrole Bassin d’Arcachon », qui réunit plusieurs associations comme Greenpeace ou Ecocitoyens du bassin d’Arcachon. « La transition, c’est maintenant que ça commence, et nous devons sortir des énergies fossiles le plus rapidement possible, et cela doit commencer aujourd’hui en refusant ce projet », a-t-elle ajouté.

Le ministre à l’Energie « favorable » au projet

Dans le cortège, Matisse de Rivière, qui a rejoint le collectif Stop Pétrole, a rappelé que « ce serait en contradiction avec la stratégie française et avec les déclarations d’Emmanuel Macron qui veut faire de la France la première nation à arrêter l’exploitation et la recherche de pétrole sur son territoire. Mais c’est aussi en contradiction directe avec les Accords de Paris. »

Manifestation à Bordeaux contre le projet de forage de huit nouveaux puits de pétrole à La Teste-de-Buch
Manifestation à Bordeaux contre le projet de forage de huit nouveaux puits de pétrole à La Teste-de-Buch - Mickaël Bosredon

Pour le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, il fallait « crier haut et fort que ces nouvelles extractions d’hydrocarbure, à côté de chez nous, sont une aberration » : « nous ne pourrons répondre à l’urgence climatique qu’en mettant un terme à toute nouvelle extraction d’hydrocarbure. L’Agence internationale de l’énergie a déjà dit en 2021, qu’il fallait cesser toute extension d’extraction de produit hydrocarbure. Nous sommes en 2024, et en France, on continue à les encourager. »

Le ministre délégué à l’Energie Roland Lescure a, de son côté, indiqué ce dimanche qu’il était « favorable » à ce projet. Interrogé sur France 3 dans l’émission Dimanche en politique, il a rappelé que « d’ici 2040, on va continuer à extraire un peu de pétrole en France », mais « pas beaucoup », en ajoutant à propos des employés qui travaillent dans ces industries : « je ne peux pas leur dire, moi, on arrête tout du jour au lendemain. »

Le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu, avait expliqué en décembre, dans accordée une interview à 20 Minutes, qu’il fallait « sortir d’une forme d’hypocrisie environnementale qui serait de fermer les puits en France pour augmenter la part de pétrole qu’on importe. » Les extractions pétrolières nationales représentent seulement 1 % de la consommation de pétrole en France. « On peut très bien s’en passer, et notre pays doit donner l’exemple », a estimé Pierre Hurmic.

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