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AGRICULTURELes éleveurs veulent pouvoir construire et agrandir plus vite

« Systématiquement attaqués », les éleveurs veulent pouvoir construire et agrandir plus vite

AGRICULTUREA l’occasion de la visite mardi du ministre Marc Fesneau au Space à Rennes, ils ont dénoncé « la frilosité des pouvoirs publics » et l’opposition « systématique » des riverains et associations environnementales
Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a inauguré le salon international de l'élevage (Space) mardi à Rennes.
Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a inauguré le salon international de l'élevage (Space) mardi à Rennes. - Damien Meyer / AFP / 20 Minutes
20 Minutes avec AFP

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Ils ont profité de la visite du ministre de l’Agriculture au Salon international de l’élevage (Space) à Rennes pour se faire entendre mardi. Dénonçant la « frilosité » des autorités et une opposition « systématique » des riverains et associations environnementales, les éleveurs ont interpellé Marc Fesneau pour lui demander de faciliter les constructions et extensions des bâtiments pour animaux.

« Ils savent qu’en attaquant tous les projets, ils vont décourager les éleveurs », a regretté le nouveau président de l’interprofession porcine Inaporc, Philippe Bizien. Cet éleveur du Finistère est lui-même au cœur d’un conflit depuis qu’il cherche à agrandir son exploitation de Landunvez pour passer à 12.000 porcs, ses opposants dénonçant une « mégaporcherie. » « On est des petits entrepreneurs, c’est dur à vivre pour les éleveurs », a-t-il indiqué au ministre, estimant que les projets, « petits et gros », sont « systématiquement attaqués » et les délais de procédure « extrêmement longs ».

« Ça doit être beaucoup plus fluide »

« Il faut que les préfets arrêtent d’être aussi frileux sur les dossiers, ça doit être beaucoup plus fluide », a de son côté avancé Carole Joliff, présidente du comité régional porcin de Bretagne. Éleveur de volailles dans le Finistère, Guillaume Le Bihan a lui aussi interpellé le ministre sur son projet de poules plein air qui n’avance pas depuis cinq ans.

« Vingt-six de mes voisins ont monté une association et attaqué mon projet », a-t-il indiqué. La justice administrative a tranché en leur faveur. « Ils ont le droit de faire un recours, de s’inquiéter pour les odeurs mais l’État avait validé le projet », s’est-il étonné.

La menace de ne plus produire en France

« C’est une mécanique qui aboutira à la fin à ce qu’on ne produise plus en France, a commenté le ministre. Si on continue comme ça, il faudra chercher notre nourriture à l’étranger ». Un message que Marc Fesneau a de nouveau repris dans son discours devant tous les professionnels de l’élevage. « On ne peut pas se retrouver dans une situation où les collectifs se multiplient, les contentieux se multiplient et produisent une chose simple, c’est que les gens se découragent », a-t-il ajouté.

Alors que nombre d’éleveurs approchent de la retraite et que la consommation de viande ne reflue pas, « les gens qui passent leur temps à dézinguer les activités agricoles et l’élevage (…) servent les gens qui veulent importer leurs produits chez nous, ils servent la baisse de souveraineté », a reproché le ministre, dénonçant « une forme de naïveté confondante qui nous livrerait en termes d'alimentation à des gens qui ne sont pas nos amis. »

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