Marée noire: pour BP ça va mieux, pourtant, le corail de Floride est menacé

ENVIRONNEMENT Au moins 3.000 barils par jour continuent à se déverser dans le Golfe du Mexique...

O.R. avec agence

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S.GARDNER / REUTERS

Le pompage du pétrole qui s'échappe au fond du golfe du Mexique s'accélère, a annoncé mardi le groupe pétrolier BP, assurant au passage que l'impact de la marée noire sur l'environnement serait «très modeste». Pourtant, en Floride, c’est une barrière de corail qui est menacée.

BP a estimé que 2.000 barils de brut étaient dorénavant pompés chaque jour par ses services grâce au système de tuyau sous-marin qui lui permet depuis ce week-end de récupérer une partie du flux qui s'écoule au fond de la mer (5.000 barils par jour selon les estimations de BP).

Les chiffres de la marée noire montrent l'étendue du désastre: 750 bateaux tentent de récupérer et de disperser le pétrole qui flotte, 19.000 personnes (de BP, d'autres entreprises et de l'administration) travaillent actuellement sur la nappe de brut et 15.600 demandes d'indemnisation ont déjà été enregistrées par BP.

625 millions de dollars pour BP

La marée noire a pour l'instant coûté 625 millions de dollars à BP qui a réglé 2.700 dossiers de dédommagements et versé aux Etats menacés de Floride, Alabama, Louisiane et Mississippi un total de 70 millions de dollars.

«Je pense que l'impact sur l'environnement de ce désastre sera très, très modeste» a néanmoins indiqué à la télévision britannique Tony Hayward, le directeur général du groupe qui avait déjà assuré vendredi que cette fuite était «minuscule» en proportion de l'immensité de l'océan.

Menace sur la troisième barrière de corail

Ces paroles contrastent avec les images qui tournent en boucle sur les chaînes de télévision américaine. Celles, aériennes, qui montrent les nappes de brut oranges qui oscillent à la surface. Celles, sous-marines, d'un flux constant et vigoureux de pétrole continuant à sourdre au fond de la mer.

Elles contrastent surtout avec les avis des scientifiques qui craignent que la nappe n'endommage rapidement une précieuse barrière de corail à l'extrémité sud de la Floride.

Selon Villy Kourafalou, experte en océanographie, un courant baptisé «loop current» pourrait rapidement précipiter le brut sur les côtes de l'archipel des Keys et abîmer ainsi la troisième barrière de corail du monde.