En 2050, des océans sans poissons ?

ENVIRONNEMENT Dans un rapport publié ce lundi, les experts des Nations Unies estiment qu'il existe des solutions...

A.C. avec agence

— 

Banc de poissons en mer des Seychelles.
Banc de poissons en mer des Seychelles. — SplashdownDirect / Rex /REX/SIPA

Le Pnue (Programme des Nations Unies sur l’environnement) n’est pas optimiste sur les chances de survie des poissons qui peuplent les océans:«Si les différentes estimations que nous avons reçues (...) se réalisent, alors nous sommes dans une situation où effectivement, dans 40 ans, nous n'aurons plus de poisson», a déclaré Pavan Sukhdev, directeur de l'Initiative pour une économie verte du Pnue.

La pêche coupable d’épuiser le capital halieutique

En cause: la surpêche encouragée par les subventions des gouvernements à des flottes toujours plus grosses pour des prises toujours plus maigres, et qui ne laissent pas le temps aux ressources de se reconstituer.

Le monde «épuise le capital» dont il a besoin, a souligné le directeur du Pnue, Achim Steiner. Cependant, «nos institutions, nos gouvernements sont parfaitement capables de changer de voie», a-t-il ajouté, précisant qu'une trentaine de pays collaboraient avec le Pnue et que d'autres étaient en train de réviser leur politique en matière d'environnement.

Moins de subventions et plus de protection

La catastrophe peut être évitée si l'on taille dans les subventions aux flottes de pêche et si des zones protégées sont mises en place pour les poissons, ce qui à terme pourrait aboutir à une industrie de la pêche florissante. Le rapport préconise la création de zones marines préservées permettant aux poissons femelles d'atteindre la taille adulte, augmentant ainsi sensiblement leur fertilité, jugeant qu'il s'agit d'une solution vitale.

Il conseille aussi de revoir la taille des flottes de pêche pour favoriser des bateaux plus petits. «Les solutions sont sous la main, mais la volonté politique et une économie ordonnée sont nécessaires», a insisté Pavan Sukhdev.

Une question de subsistance pour un milliard d’humains

La chute des réserves de poissons de la planète est un problème écologique mais aussi une question de subsistance pour un milliard de personnes, souvent originaires de pays en développement et dont le poisson constitue la seule source de protéines, selon l'ONU.

Le rapport sur l'économie verte estime que 35 millions de personnes vivent de la pêche dans le monde, que 170 millions d'emplois en dépendent de manière directe ou indirecte et qu'en tout 520 millions de personnes y sont financièrement liées.