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réchauffement climatiqueJuillet sera bel et bien le mois le plus chaud jamais enregistré sur Terre

Juillet sera le mois le plus chaud jamais enregistré sur Terre, « l’ère de l’ébullition mondiale » a commencé

réchauffement climatiqueL’événement est probablement « sans précédent » sur des milliers d’années et n’est qu’un « avant-goût » de l’avenir climatique de la planète
En Grèce, les habitants souffrent de températures et d'incendies hors normes.
En Grèce, les habitants souffrent de températures et d'incendies hors normes. - Petros Giannakouris/AP/SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Le mois de juillet 2023 sera « le mois le plus chaud jamais mesuré », dépassant le précédent record de juillet 2019. Après des semaines de surchauffe dans les mers, des canicules hors nomes aux quatre coins du monde et des mégafeux, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations unies et l’observatoire européen Copernicus estiment que les événements en cours sont « sans précédent » sur des milliers d’années et ne sont qu’un « avant-goût » de l’avenir climatique de la planète.

La Grèce en partie ravagée par les flammes de même que le Canada, par ailleurs victime de terribles inondations, une chaleur écrasante sur l’Europe du Sud, l’Afrique du Nord, le sud des Etats-Unis et une partie de la Chine, qui vient également d’essuyer les ravages du typhon Doksuri : les conséquences indéniables du réchauffement climatique d’origine humaine se manifestent en simultané.

« Place à l’ère de l’ébullition mondiale »

« L’ère du réchauffement climatique est terminée, place à l’ère de l’ébullition mondiale, s’est alarmée le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, devant la presse. Le changement climatique est là. Il est terrifiant. Et c’est seulement le début ».

Même si d’autres régions connaissent un été clément, voire frais dans le nord de l’Europe, les scientifiques sont formels : « Il est extrêmement probable que juillet soit le mois de juillet le plus chaud jamais enregistré » et même « le plus chaud tous mois confondus », ont annoncé l’OMM et Copernicus, qui confirme ses prévisions alors que juillet touche à sa fin.

Après un mois de juin déjà record, les trois premières semaines de juillet sont déjà les trois plus chaudes jamais mesurées. Et l’anomalie de température mesurée par Copernicus, dont les données complètes remontent à 1940, est telle qu’il n’est pas nécessaire d’attendre la fin du mois pour confirmer le record.

Au-delà de la fine précision des mesures modernes, les données paléoclimatologiques, à partir des cernes de croissance des arbres et des carottes de glace, permettent d’avancer que ces températures actuelles sont certainement « sans précédent dans notre histoire au cours des derniers milliers d’années », a déclaré Carlo Buontempo, directeur du service climatique de Copernicus (C3S). Et même « sur une période beaucoup plus longue, probablement de l’ordre de 100.000 ans », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

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L’homme responsable de ses canicules à répétition

Selon Carlo Buontempo, « il est peu probable que le record de juillet reste isolé cette année » vu les prévisions saisonnières du C3S et la montée en puissance annoncée du phénomène climatique cyclique El Niño au-dessus du Pacifique, synonyme de réchauffement mondial. Malgré trois années successives du phénomène inverse, la Niña, qui a en partie masqué les effets du réchauffement, les années 2015-2022 ont été les plus chaudes jamais mesurées. Et les regards sont désormais braqués sur le record annuel de 2016, qui pourrait être battu dès 2023 ou 2024.

Les observations sont toutefois conformes aux prévisions répétées des climatologues. Mardi, le réseau scientifique World Weather Attribution (WWA) a conclu que les récentes canicules en Europe et aux Etats-Unis auraient été « quasiment impossibles » sans l’effet des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.

« Les extrêmes météorologiques subis par des millions de personnes en juillet ne sont que la dure réalité du changement climatique et un avant-goût de ce que nous réserve l’avenir », alerte Petteri Taalas, le secrétaire général de l’OMM. « L’action climatique n’est pas un luxe mais une nécessité ».

Il ne « s’agit pas seulement de s’adapter » mais de « reconnaître qu’il s’agit de la crise la plus grave à laquelle notre civilisation ait jamais dû faire face », abonde David King, ancien émissaire britannique pour le climat, désormais président du Climate Crisis Advisory Group.

Des « tueurs silencieux »

Alors que le climat mondial tourne désormais autour d’environ 1,2 °C de réchauffement, certains tentent de dessiner les mesures d’urgence pour espérer ne pas dépasser la barre des 1,5 °C recommandé par l’accord de Paris.

Entre autres mesures, « nous devrions réduire la production de combustibles fossiles chaque année d’environ 6 % pour atteindre une réduction globale de notre usage de 40 % d’ici à 2030 », a déclaré Catherine Abreu de l’ONG Destination Zero, lors d’un point presse mercredi.

Ces records qui se succèdent, « ce ne sont pas que des chiffres », a souligné à ses côtés la climatologue britannique Friederike Otto, du WWA. Des événements, comme les vagues de chaleur, sont d’abord et avant tout des « tueurs silencieux ». L’été 2022, déjà record en matière de chaleur en Europe, a provoqué une surmortalité de 60.000 personnes dans cette région du monde.

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