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ArbresNéosylva mise sur les petites forêts privées pour booster le bois français

Néosylva veut booster le bois français en ressuscitant les innombrables petites forêts privées

ArbresLa jeune start-up nantaise propose aux petits propriétaires forestiers de gérer leur parcelle, plutôt qu’elle se dégrade. Elle vient de lever 5 millions d'euros
Illustration. Un chemin dans une forêt du Bas-Rhin.
Illustration. Un chemin dans une forêt du Bas-Rhin. - G. VARELA / 20 MINUTES / Pixpalace
Julie Urbach

Julie Urbach

L'essentiel

  • Trois quarts de la forêt française appartiennent à des propriétaires privés, dont certains ont des difficultés à entretenir les arbres.
  • C’est là qu’intervient la jeune start-up nantaise Neosylva, qui propose à ces particuliers de gérer à leur place ces parcelles à reboiser. En plein développement, elle vient de lever 5 millions d'euros.

En France, 3,5 millions de particuliers possèdent une parcelle de forêt, soit environ un Français sur 20. Mais ce patrimoine, souvent le fruit d’un héritage qui se transmet de génération en génération, serait la plupart du temps vécu comme une « patate chaude ». « Ces personnes ont d’un côté un fort attachement affectif à la parcelle, mais de l’autre de grosses difficultés à la gérer et l’entretenir, constate Jean-Guénolé Cornet, fondateur de Neosylva. Résultat, les propriétaires ne vendent pas, mais laissent leur forêt se dégrader. Pour certains, ils s’y promènent de temps en temps, mais c’est tout. Certains ne connaissent même pas toujours les limites exactes de leur terrain ! »

Alors que les besoins en bois, matériau renouvelable et qui capture le carbone, sont forts et que les trois quarts de la forêt française sont privés, Néosylva s’est donc donné le pari de mieux exploiter ces innombrables petites parcelles (une dizaine d’hectares en moyenne) laissées quasiment à l’abandon aux quatre coins du pays. Lancée il y a cinq ans, la start-up nantaise, qui emploie une dizaine de salariés, vient de lever 5 millions d’euros auprès de ses actionnaires, acteurs de la filière bois pour la plupart, pour remplir ses ambitieux objectifs. « L’idée paraissait farfelue au départ, mais nous avons dépassé le cap des 1.000 hectares de forêt gérés et visons les 3.000 en 2025 et 10.000 en 2028, notamment grâce au bouche à oreille, poursuit Jean-Guénolé Cornet. Déjà 250.000 arbres ont été plantés sur ces terres. »

Du « très long terme »

Car Neosylva ne rachète pas le foncier mais propose de gérer tous les arbres qui s’y trouvent, mais surtout trouveront. Une fois un premier diagnostic fait, un projet sylvicole est présenté au propriétaire et c’est la start-up qui finance et réalise les travaux. Car dans la plupart des cas, les arbres sur place sont tellement dégradés (maladies, suite d’incendie, survieillissement, mortalité aggravée par le réchauffement climatique…) qu’à peine un tiers d’entre eux est exploitable. Sur le reste de l’espace, l’entreprise met en œuvre le reboisement. « On propose diverses essences en fonction du sol, du climat, du contexte, détaille le patron de Neosylva. On plante beaucoup de pins, de cèdre, de chêne sessile ou de peupliers. Il peut aussi arriver que l’on refasse des allées ou creuse des mares. La valeur environnementale et paysagère est également très importante. »



Un bail est signé entre la start-up et le propriétaire, avec une durée calée sur le cycle forestier… soit entre 40 et 99 ans. Car il ne faut pas être pressé dans cette histoire, sachant qu’un arbre met plusieurs dizaines d’années à pousser, avant de pouvoir être coupé et revendu. C’est à ce moment-là que l’entreprise pourra se rémunérer, en récupérant la moitié de la valeur produite, le reste revenant au client. « C’est du très long terme, reconnaît Jean-Guénolé Cornet. Nous resterons déficitaires pendant plusieurs années et les propriétaires que nous avons convaincus savent qu’ils transmettront cette valeur à leurs petits-enfants. Pour eux, c’est une solution de gestion de patrimoine. Avec comme finalité de produire du bois noble de qualité, tout en valorisant la forêt. »

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