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SécherEsseUn puits dans son jardin, la solution pour passer l’été sans restriction ?

Creuser un puits dans son jardin, la solution pour passer l’été sans restriction ?

SécherEsseLa période estivale s’annonce, cette année encore, sèche. Avec des ressources en eau rares donc précieuses. Même pour ceux qui la prélèvent dans leur sol ?
Un puits équipé d'une pompe à bras.
Un puits équipé d'une pompe à bras. - Kaserei / Pixabay
Thibaut Gagnepain

Thibaut Gagnepain

L'essentiel

  • La sécheresse pourrait encore frapper la France cet été, ce qui entraînerait des restrictions d’eau.
  • Face à cette situation, certains pensent à creuser un puits dans leur jardin.
  • Quelles règles respecter ? Quel tarif ? Quelles options ? 20 Minutes vous explique tout ça.

Des pelouses cramées, des végétaux en souffrance et un potager avec une terre craquelée… Cette situation, de nombreux Français l’ont vécue dans leur jardin l’été passé. Une situation loin d’être inédite : la sécheresse est de plus en plus prononcée ces dernières années avec le changement climatique. Alors que faire quand les restrictions d’eau se multiplient un peu partout ? Certains ont déjà recours à des récupérateurs, aériens ou enterrés, tandis que d’autres vont chercher la précieuse ressource plus loin, en profondeur. Dans un puits ou un forage. Attention, cela ne les exempte pas de respecter les arrêtés pris localement. Mais la possibilité de disposer d’eau presque n’importe quand, et sans dépendre du réseau, est aujourd’hui prégnante.

« Il y en a toujours eu des puits dans les jardins mais on sent actuellement un intérêt supplémentaire pour ces dispositifs. Car les gens veulent pouvoir arroser », confirme Christophe Sprauel, directeur général délégué chez Speyser, une des principales entreprises spécialisées en forage en Alsace. La région y est particulièrement propice : le fossé rhénan héberge la plus grande nappe phréatique d’Europe.



« Dans le Ried (la plaine), vous trouvez de l’eau à moins de deux mètres sous la terre. Après, plus on s’éloigne du Rhin, plus il faut aller en profondeur », témoigne Jean Puigvert. Ce sourcier intervient dans le coin mais aussi ailleurs à l’aide de cartes, photographies etc. Puis sur place, « avec une baguette en Y ». « Je cherche le meilleur endroit pour creuser et suis capable de vous dire à peu près quel débit vous pourrez obtenir », précise ce non-scientifique, à l’inverse des hydrogéologues. Jean Puigvert le reconnaît d’ailleurs bien volontiers, « il n’y a pas que des gens sérieux chez les sourciers ».

Mais il y en a partout tant le territoire français regorge de nappes phréatiques exploitables. « Sauf peut-être dans le Sud-Est de la France où il faut aller très profond, et dans les Landes où l’eau peut être saumâtre à cause des anciens marais. En règle générale, il n’est juste pas bon de creuser dans les sols composés de marnes et d’argile », précise-t-il encore.

Juste une déclaration en mairie

Chaque propriétaire de terrain peut quand même tenter sa chance, sans être imposé davantage. Le Code civil est clair : un propriétaire l’est aussi de son sous-sol jusqu’à 10 mètres de profondeur. Seules règles à respecter avant de se lancer : se déclarer auprès de sa mairie en remplissant un formulaire Cerfa au moins un mois avant les travaux. Dans le cas d’un puits encore plus important, une autre déclaration sera nécessaire, cette fois auprès de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal).

« C’est purement déclaratif. Elles ne sont quasiment jamais refusées, à moins d’être dans des zones de captage d’eau très précise », précise le foreur, qui dispose de plusieurs équipes dédiées à l’année à cette spécialité. Pour l’industrie, les agriculteurs et donc les particuliers. Deux principales possibilités s’offrent à eux s’ils ont l’idée de faire creuser.

Puits ou forage ?

« Soit on plante un tube en acier, généralement de 32 mm, avec une pointe et des trous au bout. On va l’enfoncer jusqu’à cinq ou six mètres de profondeur et il faudra ensuite mettre une pompe en surface, manuelle ou électrique. C’est bien pour remplir ses arrosoirs mais il n’y aura pas un gros débit », détaille Christophe Sprauel. « Soit on réalise un vrai forage, de dix à quinze mètres, avec un tube en PVC de 125 mm. Alors, là, on pourra tirer plusieurs m3 d’eau par heure avec une pompe immergée et alimenter un arrosage automatique par exemple. »

Tout dépend donc de l’utilisation recherchée et du… budget consacré. « Un puits battu (ou piqué), c’est entre 2.000 et 3.000 euros. Un vrai forage, c’est plutôt 6.000 à 7.000 euros, toujours sans la pompe. Pour des petits besoins, les clients préfèrent souvent la première solution. » Avec le risque que la ressource se tarisse à un moment donné ? « Pas si vous avez un bon sourcier », répond Jean Puigvert en prêchant évidemment pour sa paroisse. Il en est convaincu, « les gens vont de plus en plus faire creuser car ils recherchent l’autonomie. Le prix de l’eau va augmenter, comme pour l’électricité. »

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