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évitementUne étude suisse interroge le traitement médiatique de la crise climatique

Crise climatique : La couverture médiatique actuelle favoriserait le « déni », selon une étude suisse

évitementLes articles de presse se concentrent sur les projections à long terme qui ne permettent pas de provoquer « des comportements pro-environnementaux » selon les chercheurs
La fonte des glaces (illustration).
La fonte des glaces (illustration).  - KONRAD K. / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Des chercheurs suisses spécialisés en géosciences et psychologie se sont penchés sur le traitement médiatique du changement climatique. Dans une étude, ils livrent leurs conclusions. Selon eux, la couverture médiatique de la recherche sur le changement climatique est plus susceptible de provoquer « le déni et l’évitement » chez les lecteurs que les « comportements pro-environnementaux » nécessaires pour résoudre le problème.

Elle se concentre principalement sur les projections à long terme et sur un éventail restreint de menaces comme la fonte des glaciers ou la disparition des ours polaires, selon un groupe de chercheurs de l’université de Lausanne (UNIL) spécialisés en géosciences et psychologie.

Près de 50.000 reprises de publications scientifiques analysées

Or, « ce type de narration ne permettrait pas d’activer les mécanismes connus en psychologie pour engager des comportements pro-environnementaux chez les lecteurs. Cette sélection pourrait même à l’inverse provoquer le déni et l’évitement », constatent-ils dans un communiqué. Pour mener cette étude, publiée dans la revue scientifique Global Environmental Change, les chercheurs ont analysé quelque 50.000 publications scientifiques sur le changement climatique pour l’année 2020 et examiné celles qui ont été reprises dans les médias grand public.

L’analyse a révélé que les médias ont tendance à relayer en majorité des recherches issues des sciences naturelles, et se concentrer sur les projections climatiques à grande échelle qui se produiront dans un avenir lointain. « Les individus exposés à ces faits, ne se sentant pas directement concernés, tendront vers un traitement périphérique, superficiel et distrait de l’information. Or, seule une prise en considération centrale, profonde et attentive permet au public de transformer ce qu’il sait en mécanismes d’action et d’engagement », a averti Fabrizio Butera, professeur de psychologie à l’UNIL et coauteur de cette étude.

Face à des articles descriptifs, le public va « ignorer le problème »

« Si le but d’une recherche donnée est d’avoir un impact sociétal, alors il semble que nous appuyons sur tous les boutons qui ne fonctionnent pas », a abondé Marie-Elodie Perga, coauteur de l’article et professeure à l’Institut des dynamiques de la surface terrestre de l’UNIL, dans ce même communiqué.

Les menaces à grande échelle sont connues pour susciter de la peur, et face à des articles descriptifs, le public aura tendance à ignorer le problème, selon les chercheurs. « Les recherches sur le comportement humain démontrent que la peur peut entraîner un changement de comportement chez les individus et les groupes, mais à condition que le problème présenté soit accompagné de solutions », a souligné Fabrizio Butera.

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