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TRansportLe retour en grâce du train pour le transport des céréales

Gard : Moins de CO2, meilleur coût, une coopérative céréalière se remet sur les rails pour transporter sa marchandise

TRansportL’entreprise Arterris a fait le choix du train après avoir privilégié pendant des années le transport routier. Un geste utile : le chargement d’un train équivaut à celui de 50 camions
Illustration d'un train de fret
Illustration d'un train de fret - Maisonneuve / Sipa / Sipa
Jérôme Diesnis

J.D. avec AFP

L'essentiel

  • Après avoir fait le choix du transport par camions, jugé plus flexible et moins onéreux, une grande coopérative du sud de la France transporte désormais l’essentiel de sa production de céréales en train.
  • Un train peut accueillir jusqu’à 1.500 tonnes de blé dur, il faudrait cinquante camions pour transporter le même volume.
  • Pour relancer les voies ferrées, il a fallu deux ans de travaux et un investissement de 360.000 euros, financé par la coopérative, l’Etat et différentes collectivités.

Une grande coopérative agricole du sud de la France a procédé mardi à la réouverture officielle d’une voie ferrée. Un choix aussi économique qu’écologique pour l’entreprise. Situé à Beaucaire (Gard), le point de collecte de la coopérative Arterris accueille depuis 1980 les céréales (orge, colza, blé, tournesol…) produites par ses 15.000 agriculteurs coopérateurs. Ce qui en fait son plus important centre de stockage dans cette région. Ses trois silos, d’une capacité totale de 75.000 tonnes, fournissent notamment chaque année 25.000 tonnes de blé dur à l’usine de pâtes alimentaires Panzani, située à Marseille, à une centaine de kilomètres.



Or, depuis huit ans, les voies ferrées desservant cette zone industrielle n’étaient plus opérationnelles, le transport par camions ayant été jugé plus économique et flexible que le train sur les courtes distances. « Aujourd’hui, le train est à nouveau privilégié pour des raisons écologiques et parce qu’il apporte un confort de travail supplémentaire. Il faut un jour et demi pour charger un train, il faudrait deux à trois fois plus de temps pour expédier la même quantité de marchandise en camion », explique le responsable du site Arterris de Beaucaire, Stephan Vigne.

Un investissement de 360.000 euros

Alors que le train peut accueillir jusqu’à 1.500 tonnes de blé dur, il faudrait cinquante camions pour transporter le même volume. Pour relancer les voies ferrées, il a fallu deux ans de travaux et un investissement de 360.000 euros, réparti entre la Compagnie nationale du Rhône, la communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence, le plan France Relance et la région Occitanie.

La locomotive, propriété d’Arterris, n’avait plus tourné depuis près d’une décennie. Elle a été remise en état et a effectué un chargement en présence de responsables d’Arterris, de Panzani et des autorités locales. Il s’agissait en fait du troisième chargement depuis la fin janvier et la relance effective de la ligne, sur laquelle une vingtaine de convois devraient transiter au cours des douze prochains mois.

Emmanuel Macron a incité l’an dernier les industriels français les plus émetteurs de CO2 à hâter leur « décarbonation ». Mais les défenseurs de l’environnement et l’opposition de gauche estiment que les actes du chef de l’État ne sont pas à la hauteur des enjeux de la crise climatique. La Première ministre Élisabeth Borne, a annoncé en février un plan de 100 milliards d’euros d’ici 2040 pour le transport ferroviaire.

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