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PORTRAIT

«Sain Nicolas»: des 4x4 au Pacte écologique

La vie de Nicolas Hulot, écolo préféré des Français, est passée au crible dans une biographie...

Le meilleur porte-parole de l’écologie pour les Français, Nicolas Hulot, fait l’objet d’une première biographie. Sain Nicolas, écrit par la journaliste d’Europe 1 Bérengère Bonte, revient sur le parcours de l’animateur d’Ushuaïa et auteur du Pacte écologique.

Un portrait sans concession puisque l’auteur insiste aussi sur le Nicolas Hulot passionné d’hélicoptère, d’ULM ou de 4x4. Le «casse-cou», qui ne se souciait alors pas d’environnement, présentant une émission subventionnée par Rhône-Poulenc. Dans l’ouvrage, son amie Dominique Voynet explique «à cette époque, Nicolas est encore avant tout un ado égoïste, hédoniste».

Un «ado» chez qui naîtra néanmoins, au fil de ses émissions Ushuaïa, un intérêt pour la protection de l’environnement, malgré les moyens gigantesques employés sur les tournages. «Les voyages forment la conscience écolo. Hulot a changé», explique Bérengère Bonte.

Le meilleur pour défendre l’environnement

Il change et s’investit alors dans sa Fondation. Puis en politique. Avant de se retirer du jeu, en janvier 2007, l'ex-aventurier rassemblait jusqu'à 15% d'intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle. Début avril, il était encore jugé le meilleur pour défendre l'environnement par 53% des Français.

Proche de Chirac, admiré par Jean-Louis Borloo, il ne garde pas pour autant sa langue dans sa poche et n’hésitera pas non plus à claquer la porte du Grenelle de l’environnement, après le refus de la taxe carbone.

Ce livre, «Sain Nicolas» n'en voulait pas. A deux reprises, il a bloqué des projets similaires. Sans lui, l'auteur a néanmoins enquêté sans entrave, remontant les mille vies de Nicolas Hulot, visitant ses différents mondes - médias, environnement, politique - dans lesquels il sait, chaque fois, cultiver les contacts.

«Je ne suis pas né écolo, je le suis devenu»

Copains de Bretagne et cousins corses, potes du Paris-Dakar, patrons de TF1, équipes d'Ushuaïa, scientifiques de sa Fondation, ONG et bien sûr politiques, ils dessinent le portrait contrasté d'un animal médiatique, séducteur invétéré, homme d'affaires prospère (bien qu'il s'en soit toujours défendu), père angoissé, élève enthousiaste de ses maîtres en environnement, à l'ego et à l'humeur en dents de scie.

Nicolas Hulot le confie souvent: «Je ne suis pas né écolo, je le suis devenu». Au fil de l’ouvrage on constate en effet l’évolution de ce rejeton de la bourgeoisie catholique. Jusqu’à son retrait, aujourd’hui, après l’échec de Copenhague et du «Syndrome du Titanic», son film. «Il réfléchit à la meilleure façon de revenir peser dans les débats pour 2012», estime Bérengère Bonte.