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RapaceUn aigle royal a-t-il été tué par les pales d’une éolienne dans l’Hérault ?

Hérault : Un aigle royal a-t-il été tué par les pales d’une éolienne ?

RapaceL’animal a été retrouvé mort au pied de la centrale d’éoliennes de Bernagues
Un aigle royal (Illustration).
Un aigle royal (Illustration). - AUSLOOS/SIPA / SIPA
Nicolas Bonzom

Nicolas Bonzom

L'essentiel

  • Un aigle royal est mort au pied d’une centrale d’éoliennes, dans l’Hérault.
  • Des investigations sont en cours auprès des services de l’Etat pour savoir si ce sont bien les pales d’une éolienne qui a tué le rapace sur ce site situé à Lunas.
  • L’animal était le mâle de l’unique couple de cette espèce, vivant sur le massif de l’Escandorgue. Il ne reste plus, désormais, que la femelle, dans le secteur.

Un aigle royal est mort dans une centrale d’éoliennes, le 16 janvier dernier, sur le site de Bernagues dans les contreforts du Larzac, à Lunas (Hérault). Le décès, déploré par de nombreuses associations, a été confirmé à 20 Minutes par le groupe Valeco, propriétaire de l’entreprise montpelliéraine Energie Renouvelable du Languedoc qui exploite ce site.

Pour les associations, cela ne fait aucun doute : le rapace a été tué en plein vol, par les pales d’une éolienne. Pour l’instant, rien ne permet de l’affirmer avec certitude. Des investigations sont en cours, à l’Office français de la biodiversité (OFB). Une autopsie a notamment été effectuée. La balise GPS, dont était équipé le rapace, devrait permettre de retracer avec précision ses derniers instants.

« Nous avons assez peu de doutes sur le fait qu’un aigle royal qui tombe au pied d’une éolienne, ce n’est pas parce qu’il a fait une crise cardiaque en passant devant », confie cependant Simon Popy, ornithologue et président de France Nature Environnement (FNE) dans le Languedoc-Roussillon. FNE a déposé plainte.



« C’est une véritable catastrophe »

La perte est d’autant plus dramatique que le rapace était le mâle de l’unique couple de cette espèce vivant sur le massif de l’Escandorgue. Il ne reste plus, désormais, que la femelle. C’est la première fois qu’un aigle meurt sur ce site. Au même endroit, en 2020, un vautour moine, une espèce protégée, est toutefois mort dans les mêmes conditions.

Sur ce combat se retrouvent bon nombre d’associations, dont les anti-éoliens. La mort de cet aigle « est scandaleuse, car le territoire de chasse de l’unique couple avait déjà été morcelé par la cinquantaine d’éoliennes de Lunas et Joncels, déplore le collectif Toutes nos énergies (TNE). Toutes ces espèces protégées vont-elles toutes mourir, hachées par les pales des éoliennes ? » « C’est une véritable catastrophe », ajoute Marjolaine Villey-Migraine, la porte-parole du Collectif pour la protection des paysages et de la biodiversité 34/12.

Valeco indique, de son côté, que « de nombreuses mesures ont été mises en place pour surveiller le parc jour et nuit afin de protéger les oiseaux et les chauves-souris ».

Empêtré dans un imbroglio judiciaire

La disparition de ce rapace est d’autant plus rageante pour les défenseurs de la cause environnementale qu’ils alertaient les pouvoirs publics depuis longtemps sur la présence de ce couple dans le secteur. En effet, le site de Bernagues est au cœur d’une bataille judiciaire, depuis plusieurs années. Selon les associations environnementales, l’existence d’un couple d’aigles royaux n’a pas été mentionnée dans les études réalisées avant la construction du parc éolien. Elles exigent sa démolition, tandis que l’exploitant se bat, de son côté, pour que les éoliennes continuent de tourner.


NOTRE DOSSIER SUR l'éOLIEN

Après plusieurs décisions contradictoires rendues par la justice depuis plusieurs années, le 11 janvier dernier, la Cour de cassation a finalement donné raison aux opposants : les éoliennes doivent être démontées. Mais le feuilleton n’est pas terminé. Une nouvelle audience est prévue vendredi, devant la Cour d’appel de Nîmes (Gard).

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