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DECHETSA Bordeaux, le recyclage des coquilles d’huîtres prend de l’ampleur

Bordeaux : Le recyclage des coquilles d’huîtres, une initiative qui prend de l’ampleur

DECHETSUne trentaine de bacs de collecte de coquilles d’huîtres sont disséminés sur l’agglomération bordelaise jusqu’au 9 janvier
Des huîtres.
Des huîtres. - SYSPEO/SIPA / SIPA
Mickaël Bosredon

Mickaël Bosredon

L'essentiel

  • L’association Coquilles a équipé la métropole bordelaise d’une trentaine de bacs de collecte de coquilles d’huîtres, jusqu’au 9 janvier.
  • L’objectif est de sauver un maximum de coquilles de l’incinérateur, pour leur offrir une seconde vie.
  • La coquille d’huître peut en effet servir aux agriculteurs, ou dans la fabrication d’une nouvelle sorte de béton.

La vie de l’huître ne se termine donc pas dans l’assiette… Avec une trentaine de bacs de collecte cette année sur la métropole de Bordeaux, contre 14 l’an passé, l’initiative de l’association Coquilles continue de monter en puissance. Elle espère récolter au minimum 5 tonnes de coquilles d’huîtres, contre 3,5 tonnes l’an passé et… 260 kg en 2020, année du lancement dispositif.


Un bac de recyclage de coquilles d'huitres.
Un bac de recyclage de coquilles d'huitres. - Coquilles

Mis en place juste avant les fêtes de fin d’année sur quatre communes, Bordeaux, Le Bouscat, Le Taillan-Médoc et Saint-Jean-d’Illac, le dispositif sera levé le 9 janvier. L’objectif est de sauver un maximum des coquilles de l’incinérateur, pour leur offrir une seconde vie. « Les coquilles que nous collectons sont valorisées auprès des agriculteurs après concassage, explique la coordinatrice Bénédicte Salzes. La coquille d’huître permet en effet de neutraliser l’acidité des sols, à la place de la chaux. Nous continuons parallèlement nos recherches sur le béton et en début d’année nous aimerions prototyper un banc en béton coquillier. C’est donc un matériau qui a plusieurs débouchés. »

Des bacs qui débordent

La récolte des bacs est assurée deux fois par semaine par la coopérative Les Détritivores. « Nous avons encore certains bacs qui débordent, cela a notamment été le cas après les deux réveillons, ce qui nous oblige à organiser des levées supplémentaires, mais on gère beaucoup mieux que l’an passé quand même, grâce aux élus et aux agents qui sont vraiment partie prenante de l’opération », indique Bénédicte Salzes.

Il faudra néanmoins certainement ajuster le dispositif, « car certains bacs fonctionnent très bien comme à Nansouty, Saint-Augustin, Gaviniès, mais d’autres ont moins de succès, comme à Ginko. »

« Un gisement de plusieurs centaines de tonnes »

Globalement, la collecte des coquilles d’huîtres est une initiative qui se répand un peu partout en France. « Ça prend bien, à Paris et Toulouse par exemple, confirme Bénédicte Salzes. Je pense qu’on a mis le doigt sur quelque chose qui prend du sens auprès de nombreux citoyens. Dès qu’on explique que c’est quand même plus intéressant de valoriser les coquilles plutôt que de les incinérer, la majorité des gens sont partie prenante. Nous avons d’ailleurs été contactés par la région Bretagne qui met en place un groupe de travail, en vue d’intégrer une collecte de coquilles au ramassage régulier des ordures ménagères. »



Sur la métropole de Bordeaux, l’enjeu pour l’association Coquilles est désormais de « convaincre les professionnels, car les volumes des poissonneries et des restaurants à l’année sont énormes : on est sans doute sur un gisement de plusieurs centaines de tonnes. »

Pour les prochaines fêtes de fin d’année, de nouvelles communes devraient par ailleurs rejoindre le dispositif. « On s’agrandit, c’est très bien, mais en même temps on ne veut pas aller trop vite, il faut monter progressivement pour ne pas se retrouver dépassés. »

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