Biodiversité : Une « cascade » d’extinctions menace les animaux et les plantes

DEAD END Entre 6 et 10 % des animaux et des plantes pourraient disparaître d’ici à 2050, selon une étude

20 Minutes avec AFP
A la COP15 biodiversité à Montréal, le 13 décembre 2022. o by  / AFP)
A la COP15 biodiversité à Montréal, le 13 décembre 2022. o by / AFP) — Andrej Ivanov

Des chiffres pour illustrer l’impasse dans laquelle se trouve la planète. Le réchauffement climatique et la dégradation des habitats naturels vont causer une « cascade » d’extinctions parmi les espèces d’animaux et de plantes, selon une étude publiée vendredi dans le journal Science Advances. La Terre va ainsi perdre entre 6 et 10 % de ses animaux et de ses plantes d’ici à 2050, et jusqu’à 27 % d’ici à 2100,

Cette estimation s’appuie sur de nouveaux outils de modélisation forgés par deux scientifiques européen et australien, afin de mieux prendre en compte les « co-extinctions », fruits de la disparition « en cascade » d’espèces interdépendantes. Par exemple, lorsqu’une espèce disparaît en raison du changement climatique (extinction primaire), son prédateur finit lui aussi par s’éteindre faute de nourriture (co-extinction). « Chaque espèce dépend des autres d’une certaine manière », souligne le professeur Corey Bradshaw, de l’université australienne de Flinders, coauteur de l’étude.

La prise en compte de « qui mange qui ? »

Ce constat d’extinctions en chaîne « inévitables » intervient au moment où les ministres du monde entier sont réunis pour la COP15 à Montréal afin de sceller un nouveau « pacte de paix avec la nature ». Les défis sont considérables alors qu’un million d’espèces sont menacées d’extinction. Le changement climatique devrait accélérer ce mouvement sous l’effet des événements météorologiques extrêmes, des changements de comportements ou d’habitats.



Mais les auteurs de l’étude estiment que les précédentes modélisations n’avaient pas pris en compte les co-extinctions. Pour mieux les appréhender, ils ont construit avec l’aide d’ordinateurs surpuissants une énorme « planète Terre virtuelle » prenant en compte « qui mange qui », a expliqué à l’AFP Corey Bradshaw.

Les chercheurs prédisent que la menace la plus importante se matérialisera là où la biodiversité est aussi la plus importante. Ils ont aussi établi que le changement climatique serait responsable de la plus grande proportion d’extinctions, un nouveau rappel que les deux crises du climat et de la biodiversité sont intimement liées.