L’UE adopte des règles pour verdir ses batteries, des smartphones aux voitures

Écologie Les Etats membres misent sur « l’économie circulaire » pour doper la production de batteries en Europe

20 Minutes avec AFP
Une batterie de voiture électrique.
Une batterie de voiture électrique. — Sergei Karpukhin/TASS

L’UE va obliger les industriels à rendre toutes les batteries plus écologiques, plus facilement remplaçables et recyclables, selon un accord trouvé vendredi entre les eurodéputés et les Etats membres, qui mise sur « l’économie circulaire » pour doper la production de batteries en Europe.

Le texte, adopté à l’issue de longues négociations, couvre l’ensemble du cycle des batteries, de leur conception à leur fin de vie, et s’appliquera à tous les types de batteries vendues dans l’UE - smartphones, électroménager, scooters, voitures ou vélos électriques, batteries industrielles…-, précise un communiqué du Parlement européen.

Etiquettes et codes QR

D’ici trois ans et demi, les téléphones portables ou appareils électroniques devront ainsi être conçus de façon à ce que la batterie puisse être enlevée et remplacée facilement. Toutes les batteries devront porter des étiquettes et des codes QR les renseignant sur leurs performances, leur durée de vie et leur composition, tandis que les batteries des scooters et voitures, comme certaines batteries industrielles, devront être dotées d’un « passeport batterie numérique » détaillant leurs caractéristiques.

Surtout, les entreprises incluant des batteries dans leurs produits devront respecter des objectifs contraignants de collecte : pour les batteries portables, le taux de reprise devra atteindre 45 % du total dès 2023, et jusqu’à 73 % d’ici 2030. Pour les batteries des vélos et scooters, le taux minimal de collecte s’élèvera à 51 % d’ici 2028.

Toutes les batteries collectées devront être recyclées, avec des niveaux élevés de récupération pour le cuivre, le cobalt, le lithium, le nickel, le plomb, et le texte imposera des niveaux minimums de ces métaux issus de la valorisation des déchets dans la composition des nouvelles batteries.

Exigences croissantes

Les fabricants seront en outre soumis, à partir de 2024, à des exigences croissantes de durabilité et de performance, et devront renseigner l’empreinte carbone totale attendue, de l’extraction minière au recyclage, avant l’imposition après 2027 d’un plafond maximal d’émissions.

« Cette loi fixe des exigences environnementales pour toutes les batteries, qu’elles soient produites en Europe ou importées, et restreindra progressivement l’accès au marché européen aux batteries les plus durables », explique Pascal Canfin (Renew, libéraux), président de la commission Environnement au Parlement européen.

Avec pour effet de renforcer l’industrie européenne des batteries, tout en réduisant la dépendance de l’UE aux importations de métaux critiques (lithium, nickel, cobalt…), souligne-t-il. « C’est un bond en avant pour renforcer notre compétitivité, alors que l’UE est très loin derrière l’Asie et les Etats-Unis en matière de batteries », abonde l’eurodéputée Jessica Polfjard (PPE, droite), négociatrice de l’accord. D’ici à 2030, l’Europe vise 25 % de la production mondiale de batteries, contre 3 % seulement en 2020.