Réchauffement climatique : Non, « la science n’est pas l’ennemi de la planète »

Nature vs science Le Nobel français de physique Alain Aspect a dénoncé ceux qui sous-entendent que « revenir à l’état de nature serait beaucoup mieux »

20 Minutes avec AFP
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Le lauréat du prix Nobel de physique Alain Aspect à la conférence de presse de l’Académie royale suédoise des sciences à Stockholm, en Suède, le mercredi 7 décembre 2022
Le lauréat du prix Nobel de physique Alain Aspect à la conférence de presse de l’Académie royale suédoise des sciences à Stockholm, en Suède, le mercredi 7 décembre 2022 — Claudio Bresciani/AP/SIPA

La science versus la nature. Ce débat « anti-scientifique » inquiète très fortement le Nobel de physique. Mercredi, le physicien français Alain Aspect, colauréat du Nobel 2022 de physique, a fustigé « certains groupes activistes qui […] semblent se tromper de cible en disant que c’est de la faute à la science si la planète va mal ».

« La science n’est pas l’ennemi de la planète », face à des tentations du « retour à la nature », soutient l’universitaire. Dans un entretien à l’AFP en amont de la remise de son prix Nobel samedi à Stockholm, le spécialiste de la physique quantique a expliqué vouloir utiliser sa récompense comme un « porte-voix » en « faveur de la science ».

« Si on ne comprend pas la science, on ne peut pas régler le problème »

« Je m’efforce de l’utiliser en faveur de la science, pour expliquer par exemple que la science n’est pas l’ennemi de la planète mais au contraire que le souci de sauver la planète c’est en faisant de la science et en s’appuyant sur la science qu’ils y arriveront », a affirmé le professeur de 75 ans. « Je crois que c’est la faute à ce que les gens font de la science. Pas la science elle-même. Si on ne comprend pas la science, on ne peut pas régler le problème », a-t-il poursuivi.



Un discours qui, selon lui, oublie « qu’avant les progrès de la science, avant l’invention des antibiotiques, des machines pour alléger la peine des hommes, la situation de l’humanité était beaucoup plus misérable qu’aujourd’hui ».