Le bouclier tarifaire, nouvel ennemi de la transition écologique en France ?

ENVirONNEMENT Selon le Réseau Action Climat, 67 milliards d’euros d’argent public vont contribuer au dérèglement climatique en 2023 à cause du bouclier tarifaire

20 Minutes avec agences
Les dépenses publiques néfastes au climat et à l’environnement s’envolent en France. Photo d'illustration
Les dépenses publiques néfastes au climat et à l’environnement s’envolent en France. Photo d'illustration — Mouerad Allili

C’est le revers du bouclier tarifaire. Les dépenses publiques néfastes au climat et à l’environnement s’envolent en France sous l’effet des mesures visant à contenir la hausse des prix de l’énergie, estime le Réseau Action Climat (RAC) dans un rapport publié mardi.

« Ce sont au moins 67 milliards d’euros d’argent public qui contribuent au changement climatique » dans le budget de l’Etat pour 2023, selon cette association qui fédère d’importantes ONG luttant contre le dérèglement climatique, un bond par rapport aux 25 milliards enregistrés en 2022.




Un bouclier défavorable au climat

Le RAC a choisi de comptabiliser dans ces dépenses néfastes 45 milliards d’euros de « bouclier » tarifaire mis en place par le gouvernement pour faire face à la flambée des prix de l’énergie. « Nous évaluons les dépenses liées au bouclier tarifaire comme défavorables au climat et à l’environnement », explique-t-il.

« Cette cotation est d’autant plus pertinente que l’électricité consommée en France dépend encore en partie des énergies fossiles, et ce de manière plus importante avec la réouverture de la centrale à charbon de Saint Avold, mais aussi avec des importations d’électricité, elle-même plus carbonée », souligne le RAC. Le bouclier subventionne aussi directement la consommation de gaz fossile, rappellent les auteurs du rapport.

Financer la transition écologique plutôt que les énergies fossiles

D’un point de vue méthodologique, ils ont choisi de comptabiliser la totalité de ces 45 milliards (33,8 milliards pour l’électricité et 11,1 milliards pour le gaz) de manière brute et sans soustraire une partie des mécanismes de reversements des énergies renouvelables, à l’inverse de ce qu’a fait l’Etat en présentant son budget « vert ». Ce mode de calcul permet d’avoir une « réelle vision d’ensemble du coût environnemental du budget de l’Etat », estime le RAC.



Ce dernier critique le fonctionnement du bouclier qui permet « un financement de la consommation d’énergie des ménages les plus aisés » et devrait donc être revu, selon lui. À long terme, le RAC prône la « transition écologique », estimant qu’elle n’a pas été suffisamment enclenchée en France, ce qui explique que le pays soit aujourd’hui aussi touché par la crise des énergies fossiles.