Méditerranée : Des forêts de gorgones massivement décimées par la hausse des températures

BIODIVERSITE Brut, partenaire de « 20 Minutes », découvre un des effets du réchauffement climatique

20 Minutes avec Brut
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L’impact des hausses de chaleur sur les gorgones méditerranéennes — 20 Minutes - Brut

« C’était comme le passage d’un grand incendie, l’ensemble de la forêt animale des gorgones était mort… il n’existait plus que le squelette ! ». Voici le constat alarmant transmis par le photographe Alexis Rosenfeld, explorateur et fondateur de 1 Ocean. Après les fortes chaleurs de l’été 2022, il a plongé près des îles de Porquerolles, dans le Var – plus précisément dans la zone de Port-Cros – où il a constaté que jusqu’à 30 m de profondeur, toutes les forêts de gorgones y étaient mortes.

« Ça a une importance cruciale pour l’écosystème »

« Les gorgones, ce sont des grands bras arborescents qui créent des forêts, comme des arbres… mais ce sont des animaux, précise Alexis Rosenfeld. Plein d’autres animaux vivent et se servent de ces forêts pour s’abriter, pour se cacher, pour pondre, pour se reproduire, pour manger. Donc les gorgones revêtent une importance cruciale pour l’écosystème et pour la biodiversité marine ».

Problème : la température des eaux de la Méditerranée s’est élevée cet été, jusqu’à quatre à six degrés de plus que la normale : c’est ce qu’on appelle une canicule océanique. Pour autant, toutes les forêts de gorgones n’ont heureusement pas été touchées : « Sous 50 mètres, la situation reste merveilleuse, c’est une vraie forêt animale, qui est dense, il y a des nuées de poissons ».

Des forêts de gorgones sont déjà mortes massivement suite aux épisodes caniculaires de 1999, 2003 et 2006. Mais le réchauffement climatique pourrait toucher des zones aquatiques plus profondes si la situation se dégrade. Le CNRS, l’UNESCO et la fondation 1 Ocean cherchent à comprendre comment ces animaux peuvent survivre, voire revivre. « Cette forêt animale profonde pourrait-elle restaurer naturellement la zone peu profonde ? Il reste de l’espoir ».