Fos-sur-Mer : TotalEnergies met en service la centrale solaire la plus puissante de France sur trackers

énergies renouvelables Ce système permet aux panneaux de suivre la course du soleil et ainsi d’optimiser la production

Caroline Delabroy
Illustration de panneaux solaires
Illustration de panneaux solaires — Romain Beaumont/SIPA
  • La technologie des trackers, à savoir un système de pieux forés et implantés dans le sol, permettent aux panneaux de suivre l’évolution du soleil.
  • Les 55 GWh d’électricité verte produite par la centrale couvrent l’équivalent de la consommation électrique annuelle (hors chauffage) de 33.000 habitants, soit le double environ de la population de Fos.

La route nationale d’un côté, les larges bacs de stockage d’hydrocarbures du pipeline sud-européen de l’autre, la nouvelle centrale solaire de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) prend place dans un drôle de no man’s land. Inaugurés ce vendredi par TotalEnergies, sous la grisaille et la pluie, les 80.000 panneaux photovoltaïques n’ont pas toute leur superbe photogénique. De par leur technologie, ils constituent pourtant selon TotalEnergies « la plus puissante centrale sur trackers de France ». Les 55 GWh d’électricité verte produite couvrent l’équivalent de la consommation électrique annuelle (hors chauffage) de 33.000 habitants, soit le double environ de la population de Fos.

« Nous sommes sur un terrain excessivement plat qui nous a permis d’utiliser cette technologie des trackers, à savoir un système de pieux forés et implantés dans le sol », explique Damien Dolgopyatoff, chef de projets énergies renouvelables chez TotalEnergies. Près de 17.000 pieux supportent ainsi les panneaux. Concrètement, ils peuvent ainsi changer automatiquement d’orientation pour suivre la course du soleil, voire être placés à plat les jours de gros vent. « Cela évite d’avoir un pic de production énergétique à l’heure de midi, on est plus dans une courbe en forme de plateau », poursuit le chef de projets.

« Six ans, contre deux en Allemagne »

Construite sur un terrain de 49 hectares inexploité par la Société du Pipeline Sud Européen (SPSE), la centrale répond à de hauts enjeux en matière de sécurité, notamment en matière de risque incendies. Une large piste ceinture ainsi tout le site, qui ménage aussi des interstices pour la petite faune locale. Et comme c’est souvent le cas dans les centrales solaires, des moutons pâturent pour entretenir le site.

« La plus grande ferme photovoltaïque des Bouches-du-Rhône arrive juste après la convention pour planifier la transition écologique, qui fait de notre territoire la région pilote en France, et au moment où se discute à l’assemblée nationale le projet d’accélération de la production d’énergies renouvelables », se félicite Jean-Michel Diaz, directeur régional Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Corse de TotalEnergies France, rappelant au passage l’ambition du groupe de se placer en 2050 dans le top 5 mondial des énergies renouvelables. « Aujourd’hui, nous sommes plutôt sur du temps long, regrette-t-il. Il nous faut six ans pour construire une telle centrale, quand tout se passe bien comme ici, quand en Allemagne il en faut deux. »

« Du foncier pour de véritables activités industrielles ! »

Avant de couper le ruban avec les autres officiels, le député des Bouches-du-Rhône (Renaissance), par ailleurs président de la commission du développement durable, Jean-Marc Zulesi salue de son côté « le projet vertueux de TotalEnergies ». Moins critique sur Total, dont il était partisan de taxer les superprofits, il reconnaît dans cette centrale « l’avenir, » : « Vous montrez qu’on peut allier écologie et une forme d’industrie. Nous devons travailler à présent sur une filière industrielle française de production de panneaux solaires. »

Après les 45.000 modules photovoltaïques de la centrale photovoltaïque de la Fossette, sur un site appartenant à ArcelorMittal. Le maire de Fos-sur-Mer René Raimondi (divers gauche) voit donc s’installer une seconde centrale solaire sur sa commune. « Nous devons nous méfier des fausses idées vertueuses, de tels projets supportent des activités sans main-d’œuvre alors que nos fonciers devraient être consacrés à de véritables activités industrielles », lance-t-il en forme de douche froide, pour rappeler les différents acteurs présents, publics et privés, à leurs responsabilités sur les alternatives au tout camion et sur les projets de transition écologique plus industriels, tels que la production d’hydrogène.