Occitanie : Comment améliorer l’état de santé écologique de nos rivières ?

POLLUTION Selon le dernier bilan de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, seulement 45 % des rivières de la région sont dans un bon état écologique

Nicolas Bonzom
Une opération de dépollution du Lez, à Montpellier
Une opération de dépollution du Lez, à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • En Occitanie, seulement 45 % d’entre elles sont dans un bon état écologique, selon le dernier bilan de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, dévoilé vendredi.
  • Pour faire des progrès, il faut redoubler d’efforts, pour limiter les polluants qui souillent les rivières, notamment les pesticides, liés à l’activité agricole, ou les médicaments, que l’on excrète, en tant qu’humain, après les avoir pris.
  • Et il y a urgence. Car petit à petit, asphyxiés par des rivières dans un sale état, des poissons, des insectes ou des amphibiens menacent de s’éteindre.

L’été, on s’y baigne, on se balade le long de ses berges, et elles font le bonheur des toutous. Mais on s’intéressait un peu à la santé de nos rivières ? En Occitanie, 45 % d’entre elles seulement sont dans un bon état écologique, selon le dernier bilan de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, dévoilé vendredi. Si ce chiffre semble alarmant, on revient de loin. Beaucoup de progrès ont été réalisés, ces dernières décennies.

« Les rivières sont beaucoup moins polluées aujourd’hui qu’elles ne l’étaient dans les années 1990 », assure Laurent Roy, directeur général de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Les concentrations en ammonium ont été divisées par 20 en trente ans, après la construction de stations d’épuration plus performantes. Grâce à l’interdiction des phosphates dans les détergents ménagers, les algues qui étouffaient les rivières ont presque toutes disparu. Quant au niveau de concentration en métaux dans l’eau, il a été divisé par six, en quinze ans, grâce à un meilleur traitement des eaux usées, avant leur rejet.

Pesticides et médicaments

Mais 45 %, seulement, des rivières en bon état dans la région, on peut encore mieux faire. D’autant plus que la réglementation européenne demande, normalement, à ce que toutes les bases d’eau soient en bonne santé, sauf pour une poignée de cas exceptionnels. Alors, comment faire pour soigner nos rivières en Occitanie ? Il faut redoubler d’efforts, pour limiter les polluants qui les souillent. « Cela peut-être les pesticides, liés à l’activité agricole, reprend Laurent Roy. Ou les médicaments, que l’on excrète, en tant qu’humain, après les avoir pris. Ou encore tous les produits chimiques de la vie quotidienne. »

Combattre ces polluants pour qu’ils ne finissent par leur vie dans les cours d’eau, « c’est très compliqué », reconnaît ce spécialiste. Mais de nombreux travaux sont menés, en ce sens. Comme l’accompagnement des agriculteurs, pour les convaincre d’être moins polluants, en se convertissant au bio, par exemple. Pour les médicaments, il a, déjà, des gestes simples, comme ne pas verser un traitement non utilisé dans le lavabo. Ou aller taper à la porte des industriels, pour que leurs produits soient moins polluants.

« Et il y a la mise en place d’unités de traitement renforcées, à l’aval des agglomérations, pour traiter un maximum de substances, note le directeur général de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Mais ça, ça a un coût. Ça a un impact sur le prix de l’eau. C’est pour ça que la première des choses à appliquer, ce sont les réductions de polluants à la source. » Et ça, c’est aux politiques, aux industriels, aux agriculteurs, mais aussi à nous, consommateurs, de s’y atteler. « Tout le monde est concerné », rappelle Laurent Roy. Et il y a urgence. Car petit à petit, asphyxiés par des rivières dans un sale état, des poissons, des insectes, des amphibiens ou des végétaux menacent de s’éteindre, en Occitanie. L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse espère, en six ans, « gagner presque 20 points », soit environ 65 % des rivières en bonne forme écologique en 2028.