Toulouse : Comment offrir une retraite heureuse à des lapins de laboratoire (trop craquants) ?

éthique De jeunes lapins de laboratoire seront proposés à l’adoption ce week-end près de Toulouse lors d’une opération assez inédite

Hélène Menal
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Deux des lapins de laboratoire proposés à l'adoption ce week-end à Blagnac.
Deux des lapins de laboratoire proposés à l'adoption ce week-end à Blagnac. — Arthur Lux
  • Huit lapins de laboratoire seront proposés à l’adoption ce week-end dans l’enseigne Botanic de Blagnac, près de Toulouse.
  • Ils ont trois mois et ont participé à une étude scientifique, plutôt tranquille, sur le bien-être des lapins d’élevage.
  • Cette opération est pilotée par Ethosph’R, une association spécialisée dans la « réhabilitation » des animaux cobayes.

Ils ont trois mois à peine et sont déjà « à la retraite ». Huit lapins, plutôt mignons et bien potelés, seront proposés à l’adoption ce week-end* dans le magasin Botanic de Blagnac, près de Toulouse. C’est a priori assez banal. Mais pas dans leur cas. Car ces rongeurs n’ont pas été élevés pour la vente, ce sont des animaux de laboratoire. « Ils ont participé durant les trois premiers mois de leur vie à une étude sur le bien-être dans les élevages de lapins », explique Odile Petit, la présidente de l’association Ethosph’R, spécialisée dans la « réhabilitation » et la « resocialisation » des animaux cobayes.



On imagine tout de suite de petites boules de poils apeurées qui n’ont connu comme horizon que le grillage de leur cage et la paillasse de leur laboratoire. Et bien non. « Il s’agissait d’une étude destinée à faire un comparatif avec l’élevage intensif. Ils ont donc vécu au champ, à brouter du trèfle et ont été choyés, caressés tous les jours », précise la responsable associative, aussi directrice de recherches au CNRS. Voilà pourquoi ces
lapins (croisés entre des béliers de Nouvelle-Zélande – aux grandes oreilles – et des fauves de Bourgogne) sont des candidats assez idéaux à la « réhabilitation ». Sans l’intervention d’Ethosph’R, leur sort aurait été moins enviable. Ils auraient été confiés à un élevage, un refuge, ou pire euthanasiés, car les structures scientifiques n’ont pas les moyens de garder les animaux, une fois le protocole terminé.

Sept jours de réflexion

Mais pour repartir avec eux et leur offrir une « deuxième vie », il ne suffira pas de passer dans les allées et de craquer sur leurs frimousses. Pour éviter justement les achats « coup de cœur » irréfléchis, la nouvelle loi sur le bien-être animal, impose à l’adoptant un délai de réflexion, et le cas échéant de rétractation, de sept jours. Ce n’est qu’une fois ce délai écoulé que les bénévoles de l’association confieront les animaux. « Ils pèsent deux kilos mais grossiront jusqu’à cinq et peuvent vivre douze ans, prévient Odile Petit. Ils peuvent être gardés à l’intérieur et s’ils doivent vivre dehors, il vaut mieux qu’ils soient deux car ce sont des animaux sociables. » Par ailleurs, il faudra débourser 50 euros pour les prendre sous votre aile. Une somme destinée à la fois à couvrir les frais des bénévoles, joignables pour le suivi et basés à Strasbourg, mais aussi à dissuader les petits malins de les adopter uniquement pour les passer à la casserole.

Six lapins du groupe ont déjà été adoptés dans le Botanic de Valence (Rhône) qui a inauguré le week-end dernier cette opération de sauvetage inédite. La prochaine pourrait concerner des oiseaux de laboratoire, mais l’association compte aussi pourvoir à la retraite de souris, de poules et même de singes.

*Samedi après-midi et dimanche

Pour plus d’informations, contactez rehabiltation@ethosphr.com