Algues vertes : L’Etat pas responsable du décès d’un joggeur en Bretagne

Asphyxie La victime était décédée d’une insuffisance respiratoire brutale mais le lien n’a pas pu être établi avec les algues vertes

C.A. avec AFP
La plage de la Grandville, à Hillion, est toujours le théâtre d'échouages d'algues vertes au printemps.
La plage de la Grandville, à Hillion, est toujours le théâtre d'échouages d'algues vertes au printemps. — C. Allain / 20 Minutes

La justice a dit non. Conformément aux conclusions du rapporteur public, le tribunal administratif de Rennes a rejeté en bloc les demandes d’indemnisation de la famille du joggeur mort en septembre 2016 dans une vasière envahie d’algues vertes dans les Côtes-d’Armor. Jean-René Auffray était décédé à l’embouchure du Gouessant à Hillion le 8 septembre 2016. Agé de 50 ans, cet adepte du trail s’était vraisemblablement aventuré dans la vase de l’estuaire pour secourir son chien. « Jean-René Auffray est décédé d’une insuffisance respiratoire brutale qui aurait pu être due à une exposition aux algues vertes ou à un arrêt cardiaque », avait estimé le rapporteur public Dominique Rémy lors de l’audience le 27 octobre. Tout en estimant que le « lien de causalité » entre la présence des algues et le décès du joggeur « ne peut être établi, et il en va de même pour la responsabilité de l’Etat ».

Après le décès du joggeur, des associations s’étaient immédiatement interrogées sur le lien avec les algues vertes qui, en se décomposant, émettent du sulfure d’hydrogène (H2S), un gaz potentiellement mortel à forte dose. Deux semaines après les faits, le parquet de Saint-Brieuc avait ordonné l’exhumation du corps du joggeur pour pratiquer une autopsie et des analyses toxicologiques. Effectuées trop tardivement, celles-ci n’avaient cependant pas permis de déterminer clairement les causes de la mort, et l’enquête avait été classée sans suite en avril 2017.

La famille de la victime avait saisi la justice administrative en juillet 2019 pour demander réparation auprès de la commune d’Hillion, de l’agglomération de Saint-Brieuc et de l’Etat, réclamant près de 600.000 euros d’indemnisation des préjudices subis.