Hérault : Une grande partie du département placée en alerte sécheresse

Sécheresse En plein automne, la situation est inquiétante dans l’Hérault. Dans l’Aude, en revanche, les restrictions ont été levées

Jérôme Diesnis
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Le département de l'Hérault est confronté à des mesures de restriction historiques (illustration).
Le département de l'Hérault est confronté à des mesures de restriction historiques (illustration). — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • La majeure partie de l’Hérault est placée en alerte, et même en alerte renforcée pour le versant de l’Aude aval.
  • Seul l’est du département, et notamment la région de Montpellier, ne fait pas l’objet de restrictions.
  • Elles ont été également été levées dans l’Aude, après cinq mois de sécheresse. Mais les stocks y sont anormalement bas.

C’est une situation exceptionnelle. En plein cœur de l’automne, à une période où les pluies permettent d’ordinaire de reconstituer une partie des stocks, la situation hydraulique dans le département de l’Hérault est jugée préoccupante. « Au regard des propositions du comité départemental de suivi de la ressource en eau qui intègrent les prévisions sur les semaines à venir, le préfet de l’Hérault a décidé de placer en alerte une grande partie du territoire départemental », explique le représentant de l’Etat. C’est pire encore au sud-ouest du département puisque le bassin-versant de l’Aude aval a été placé en alerte renforcée.

« La faiblesse des pluies automnales a entraîné un déficit global hydrique, notamment sur l’ouest du département où la recharge des cours d’eau reste largement insuffisante, évoque la préfecture. L’enjeu de la période hivernale se concentre désormais sur la reconstitution des nappes phréatiques. » Seule la région de Montpellier, à l’est de l’Hérault, ne fait l’objet d’aucune restriction.

Déficit pluviométrique de près de 50 % dans l’Aude

A l’inverse, la préfecture de l’Aude a levé l’ensemble des mesures de restriction mises en place depuis le début du mois de juillet. Au cours des cinq derniers mois, douze arrêtés de restriction d’eau ont été émis. L’épisode de sécheresse s’est caractérisé notamment par un déficit pluviométrique de près de 50 %, associé à des températures très élevées, de l’ordre de 3 °C de plus que les normales saisonnières de juin à octobre. Pendant vingt-sept jours, la température aura ainsi dépassé 35 °C en journée.

Ces conditions météorologiques ont induit une sécheresse des sols record lors de la période estivale nécessitant un recours important aux ressources en eau. Malgré les précipitations de l’ordre de 30 à 60 mm tombées en novembre, la situation reste très tendue. « Cette sécheresse a conduit à une baisse significative des niveaux des nappes souterraines, avec une situation défavorable pour plus de la moitié des ressources et une tendance généralisée encore à la baisse », précise la préfecture.

Précipitations espérées cet hiver

Des précipitations sont espérées au cours de l’hiver pour reconstituer les stocks et garantir les usages de l’eau l’année prochaine. « Une recharge significative des nappes souterraines est nécessaire pour reconstituer les réserves et éviter les ruptures d’alimentation en eau. Au cours des derniers mois, les barrages ont globalement tous été très fortement mobilisés. En cette fin d’année leurs niveaux sont particulièrement bas. »