Le plastique, même biodégradable, n’est pas le bienvenu dans les composteurs domestiques

POLLUTION La dégradation des plastiques biodégradables, biosourcés et compostables n’est pas garantie, selon l’Anses

20 Minutes avec agences
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Certains plastiques sont présentés comme « biodégradables » mais ne le sont pas forcément quand ils sont compostés dans certaines conditions. (Illustration)
Certains plastiques sont présentés comme « biodégradables » mais ne le sont pas forcément quand ils sont compostés dans certaines conditions. (Illustration) — HamsterFreund / Pixabay

Les matières plastiques, y compris celles qualifiées de « biodégradables » ou « compostables », doivent être exclues des composteurs domestiques et collectifs. C’est ce qu’a déclaré l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), dans un avis publié ce lundi.

Plus d’un tiers des Français recycle ses déchets dans des composteurs domestiques ou collectifs. Outre les déchets alimentaires (épluchures de légumes, marc de café, sachets de thé), certains y ajoutent des déchets plastiques. Ces détritus sont indiqués comme « biodégradables », « biosourcés » ou « compostables ».

Une contamination possible des sols et des personnes

Mais leur dégradation réelle et totale n’est « pas garantie » dans les composteurs domestiques, « d’autant qu’il est difficile d’en maîtriser les conditions de fonctionnement », souligne l’Anses. Lorsque ces composts sont réutilisés, une contamination de l’environnement et des cultures locales est donc possible.

« Cette contamination peut provenir des différents constituants de matériaux [polymères, monomères résiduels, additifs] présentant des dangers potentiels » pour la santé humaine et l’environnement, souligne Stéphane Leconte, coordonnateur de l’expertise à l’Anses. L’agence recommande donc de ne placer aucune matière plastique dans les composteurs domestiques et collectifs.

Un tournant pour le compostage en 2024

L’Anses préconise aussi de revoir la réglementation encadrant le compostage. Il faudrait y « interdire toute allusion voire incitation à mettre des matières plastiques dans un compost domestique » et revoir les normes entourant la biodégradabilité avec notamment des critères plus contraignants, selon elle.


L’agence a été saisie dans le cadre de la loi relative à la lutte contre le gaspillage de 2020 pour rédiger un rapport sur les impacts sanitaires, environnementaux et sociétaux des matières plastiques biosourcées, biodégradables et compostables. Cette même loi va rendre obligatoire au 1er janvier 2024 le compostage des déchets alimentaires, soit soi-même soit dans des poubelles dédiées.