Protection des requins : Une décision « historique » instaure une limite stricte sur le commerce de certaines espèces

Extinction La protection de ces requins a été la plus discutée des décisions du sommet sur les espèces menacées qui a débuté le 14 novembre

20 Minutes avec AFP
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Un requin de récif à pointe noire est photographié dans l'océan Indien.
Un requin de récif à pointe noire est photographié dans l'océan Indien. — Valery Sharifulin/TASS/Sipa USA/

Une décision qualifiée d'« historique ». La conférence sur le commerce international des espèces menacées réunie à Panama s’est engagée vendredi à protéger une cinquantaine d’espèces de requins menacés par le florissant trafic de leurs ailerons en Asie. Au dernier jour de cette 19e Conférence (COP19) de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées (CITES), les délégués de 183 Etats et de l’Union européenne (UE) ont décidé en séance plénière de réguler la pêche de 54 espèces de requins requiem (Carcharhinidae) et de requins-marteaux (Sphynidae).

Ces squales ont été inscrits à l’Annexe II de la CITES limitant strictement le commerce de certaines espèces par consensus, malgré les réserves émises par le Japon concernant la protection accordée au requin bleu, estimant qu’il ne s’agit pas d’une espèce menacée. Le délégué japonais a exprimé « la vive préoccupation » de son pays concernant les conséquences de cette décision jugée « préjudiciables d’un point de vue social et économique » pour les pêcheurs de son pays.


La protection de ces requins, demandée par l’UE et une quinzaine de pays, dont le Panama, a été la plus discutée des décisions du sommet qui a débuté le 14 novembre. Elle est devenue au fil des débats une mesure emblématique de la conférence et plusieurs délégations avaient posé sur leurs bureaux des requins en peluche.

Shirley Binder, la déléguée du Panama, a fait valoir que les requins qui bénéficieront dorénavant de la protection de la CITES représentaient « approximativement 90 % du marché » des ailerons de squales. Ce marché, dont le centre est à Hong Kong, dépasse le demi-milliard de dollars par an (483 millions d’euros). Les ailerons peuvent se vendre 1.000 dollars le kilo en Asie de l’Est pour confectionner des soupes très réputées de la gastronomie chinoise traditionnelle.

Mesures de conservation

« Ceci restera dans les mémoires comme le jour où nous avons inversé la tendance pour empêcher l’extinction des requins et des raies du monde », s’est félicitée dans un communiqué l’ONG Wildlife Conservation Society (WCS). « Cette liste historique d’une centaine d’espèces fortement commercialisées conduira à l’adoption des mesures de conservation au niveau national dont ces espèces ont urgemment besoin. La prochaine étape cruciale consistera à mettre en oeuvre ces inscriptions et à veiller à ce qu’elles se traduisent par des mesures commerciales et de gestion des pêches plus solides dès que possible », avertit l’ONG.

Seule voix dissonante au sein des organisations de défense de l’environnement, l’ONG française Fondation Brigitte Bardot a dénoncé dans un communiqué « une grand-messe (qui) a encore une fois démontré que la CITES n’est pas destinée à protéger les animaux sauvages mais à orchestrer leur commerce international en tentant de réparer, avec quelques pansements, le désastre écologique qu’il cause ».