Les Maraîchers du ciel plantent des potagers carrément sur les supermarchés

Circuit (très) court La start-up toulousaine Les Maraîchers du ciel propose d’implanter des potagers sur le toit ou juste à côté des grandes surfaces pour écouler la production directement en rayon, sans transport et sans intermédiaire

Hélène Menal
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La première récolte des Maraîchers du ciel a été cultivée à Ramonville, à 200 mètres d'un supermarché, et écoulée dans ses rayons.
La première récolte des Maraîchers du ciel a été cultivée à Ramonville, à 200 mètres d'un supermarché, et écoulée dans ses rayons. — DR
  • Les « Maraîchers du ciel » sont nés à Toulouse en plein confinement. L’idée de ses trois jeunes cofondatrices est de fournir aux grandes surfaces des potagers « clé en main », installés sur leurs toits ou juste à côté.
  • Pas de transport, pas de suremballage, difficile de faire plus court comme circuit.
  • Un supermarché de Ramonville vient de tester le concept.

Quand on privilégie les circuits courts dans les rayonnages d’un supermarché, on se dit, qu’au mieux, les produits viennent du département. Mais les salades, les tomates cerises ou les poivrons que certains clients ont pu acheter cet été, à même les cagettes, dans l’Intermarché de Ramonville, près de Toulouse, avaient poussé à peine à 200 mètres de là. « Juste de l’autre côté de la route. » Autant dire que personne ne les a emballés et qu’aucun camion n’est intervenu. Il s’agissait de la première récolte, bien plombée par les épisodes caniculaires, des Maraîchers du ciel.

Derrière cette « jeune pousse », se cachent Clothilde Latieule, Marine Rivron et Laurie Battini, respectivement ingénieure agronome, architecte et ingénieure Insa. Fraîchement diplômées, les trois jeunes filles ne se connaissaient pas avant le grand confinement. Elles ont monté leur boîte par écrans interposés, « 70 % du marché de l’alimentaire en Occitanie passe par la grande distribution, explique Clothilde. Nous avons donc réfléchi à lui proposer un modèle de consommation plus durable, avec des circuits ultra-ultra courts ». Bilan du brainstorming : « des potagers clés en main », dans l’idéal carrément sur le toit des grandes surfaces, ou tout à côté. « On plante, on entretient, on récolte. On s’occupe de tout », assure Marine.



Et le premier à dire banco à cette équipe aussi imaginative que « motivée » a donc été Eric Calixte-Pur, le patron de l’Intermarché de Ramonville. « L’idée symbolique du toit était impossible pour des raisons de sécurité et de coût car il aurait fallu mettre des barrières mais nous avions ce petit terrain », se souvient-il.

Des plantes aromatiques et un deuxième potager

Les trois maraîchères ont débarqué avec leurs bacs en bois et leur terreau. « Pas vraiment aidées par la météo », elles ont fini par écouler leurs 350 kg de légumes en tête de gondole, « très rapidement, car les quantités étaient minimes comparées aux palettes habituelles ». Le chef d’entreprise a d’abord vu arriver des voisins « curieux » de l’apparition du potager puis vu sortir des clients « ravis de l’initiative ». D’autant que les prix de cette production ultra-locale et sans pesticide ont été alignés sur ceux pratiqués pour les légumes du rayon. Le terrain est toujours libre, les Maraîchers du ciel vont donc continuer à le cultiver, en plantant notamment des plantes aromatiques – thym, ciboulette, aneth – très demandées par la clientèle et plus difficiles à se procurer via des circuits classiques.

Dans leur open space de l’incubateur du Marché d’intérêt national de Toulouse, le Rungis local, Clothilde, Marine et Laurie ont mis au point une pyramide de tuyaux pour cultiver en hydroponie. Elles sont en contact avec une autre enseigne de l’agglomération toulousaine pour installer un deuxième potager. « C’est une alternative, qui offre des variétés différentes mais participe aussi l’image de marque du magasin », insiste Marine. Le rêve à court terme des trois associées est d’embaucher un premier maraîcher qui sauterait de toits en parcelles.