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Votre vie votre avisTri des déchets alimentaires, les avis s’opposent vertement

Tri des déchets alimentaires : « Acte citoyen et nécessaire » ou « n’importe quoi », les avis s’opposent vertement

Votre vie votre avisStrasbourg met en place une nouvelle poubelle pour trier les déchets alimentaires des particuliers. Sollicités, les lecteurs de « 20 Minutes » s’expriment sur ce sujet où il n’y a rien à jeter
Un collecteur de déchets alimentaires à Cronenbourg, près de Strasbourg le 24 octobre 2022.
Un collecteur de déchets alimentaires à Cronenbourg, près de Strasbourg le 24 octobre 2022. - G. Varela / 20 Minutes / G. Varela / 20 Minutes
Gilles Varela

Gilles Varela

L'essentiel

  • L’Eurométropole de Strasbourg généralise les collecteurs pour les déchets alimentaires des habitants. Plus de 400 ont déjà été installés dans les communes de moins de 10.000 habitants de l’agglomération.
  • Après plusieurs expérimentations positives depuis 2018 dans différents secteurs de l’agglomération, Strasbourg opte pour les apports volontaires avec un collecteur pour 300 habitants et va fournir à chaque foyer un bio seau et des sachets en papiers renforcés.
  • L’objectif est de permettre aux citadins d’avoir accès au tri des déchets alimentaires, une obligation légale d’ici 2024 et de réduire de moitié le volume des déchets qui vont dans les poubelles bleues.

De nouvelles poubelles fleurissent sur les places et trottoirs de l’Eurométropole de Strasbourg. Cette dernière va généraliser la collecte des déchets alimentaires des particuliers, expérimentée déjà depuis 2018 à Holtzheim puis dans d’autres quartiers de Strasbourg sous différentes formes : porte à porte avec des bennes collectives par immeuble, ramassage par vélos cargo en hypercentre… Des expériences urbaines pilotes, d’où il « est ressorti que ce dispositif était plébiscité, assure Fabienne Baas, vice-présidente de la collectivité en charge de la réduction, la gestion et la valorisation des déchets. Cela a bien marché et a été apprécié de la population, malgré parfois des erreurs de tri, quelques problèmes d’hygiène car les bacs doivent être lavés chaque fois qu’ils sont vidés… On en a donc déduit qu’il valait mieux se limiter à des apports volontaires et de généraliser les collecteurs. »

Ce dispositif s’étend progressivement à toute l’agglomération, y compris le centre-ville de Strasbourg en 2024 qui bénéficiera cependant de certains aménagements. Reste ensuite aux habitants de faire le tri ou pas. Déjà, 400 bornes de collecte de déchets alimentaires sur les 1.800 prévues d’ici à 2025 ont été installées depuis le début de l’année sur les communes de moins de 10.000 habitants. Des bios seau et des sachets papiers renforcés sont distribués gratuitement aux habitants pour transporter ces déchets alimentaires jusqu’aux collecteurs installés dans la rue. Alors satisfaits ? Consultés, les lecteurs de 20 Minutes ont prouvé que le sujet est encore clivant à en lire leurs contributions ou témoignages.



Bertrand habite dans le quartier de Cronenbourg, il a bien reçu son bio seau il y a une quinzaine de jours, mais ne l’utilise que depuis peu. « C’est pratique parce que j’ai le collecteur devant chez moi et que je peux stocker les sachets sur mon balcon. Mais faudra voir avec la chaleur l’été », sourit le père de famille. « Non !, s’énerve Alain. Pour les trier où ? Dans les cours intérieures, dans les parcs ? Comme si les problèmes d’insalubrité et les rats n’étaient pas déjà flagrants. Et pourquoi pas les tas de fumier devant les tours ? C’est du n’importe quoi ». Un autre Cronenbourgeois déplore amèrement « un choix provocateur », celui d’avoir « volontairement placé le collecteur sur une place de stationnement », soupire-t-il. Un autre regrette qu’à « force d’avoir des collecteurs de verres, de vêtements, ça défigure la rue ». Un « non » catégorique aussi pour Nicole, retraitée : « Et en plus on continuera à payer pour les services de ramassage des déchets et tri ? » « Bientôt on va nous demander de faire nous-même le traitement de nos eaux usées », s’énerve Catherine.


Un collecteur de déchets alimentaires à Cronenbourg, près de Strasbourg le 24 octobre 2022.
Un collecteur de déchets alimentaires à Cronenbourg, près de Strasbourg le 24 octobre 2022. - G. Varela / 20 Minutes

Un tri « très facile à faire »

Ces « non » bien tranchés sont bien moins nombreux que les personnes largement favorables au tri des déchets alimentaires. Nombre d’internautes racontent en effet la facilité d’usage et les « bienfaits pour la planète » de cet « acte citoyen et nécessaire » . « C’est top de pouvoir valoriser ses déchets et ça reste complémentaire au compost que nous avons dans la copro et c’est très facile d’utilisation, assure Adeline. Sans désagrément, en jetant les petits sacs pleins souvent dans le bac prévu à cet effet. » « Cela a permis la réduction significative des déchets de la poubelle bleue, des deux tiers, renchérit Françoise. Je dépose un sachet papier tous les deux jours dans le container situé juste à côté et un seul sac-poubelle dans la poubelle bleue. C’est impressionnant ! ».

Concrètement, Strasbourg a choisi l’apport volontaire. Le bio seau, sorte de panière en plastique, permet de recevoir les sachets en papier recyclable donnés à chaque foyer. « Un dispositif qui reste complémentaire à votre propre compost », souligne Fabienne Baas. Chaque secteur va être équipé de collecteurs de bio déchets, soit un pour 300 habitants, dans un rayon d’environ 250 mètres. Tous les foyers ont reçu ou vont disposer gratuitement d’un bio seau. « C’est énorme, c’est un travail immense !, estime la vice-présidente de l’Eurométropole et maire d’Ostwald. Et pour ceux qui ne seront pas à la maison pour le récupérer, ils pourront passer à la mairie, voire sur d’autres points de collectes. C’est un dispositif qui vise à réduire de moitié le contenu des poubelles bleues de l’agglomération. »

Enfin, autre avantage et non des moindres, il est possible, au contraire du compost classique, d’y mettre des déchets tels que des os, du fromage, des restes cuits, des arêtes de poissons, des carcasses de poulets, des coquilles d’huîtres… Une bonne nouvelle à l’approche des fêtes de fin d’année.

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