Retour sur la page d'accueil 20 Minutes
ECONOMIESSobriété énergétique, les commerçants de Lyon s’engagent à plus d’efforts

Sobriété énergétique : Baisse du chauffage, vitrines éteintes… Les commerçants de Lyon s’engagent à plus d’efforts

ECONOMIES
Ce mercredi, la ville de Lyon a lancé auprès de ses commerçants une « charte de la sobriété »
Plusieurs commerçants de Lyon ont signé une "charte de la sobriété" pour s'engager à réduire durablement leur consommation énergétique.
Plusieurs commerçants de Lyon ont signé une "charte de la sobriété" pour s'engager à réduire durablement leur consommation énergétique.  - Caroline Girardon / 20 Minutes
Caroline Girardon

Caroline Girardon

L'essentiel

  • Désireuse de réduire sa consommation énergétique de 10 % en un an, la ville de Lyon a édicté « une charte de la sobriété » signée par plusieurs commerçants.
  • Ils s’engagent ainsi à respecter « cinq gestes simples et efficaces » allant de l’extinction des vitrines à 20 heures à une meilleure utilisation de la climatisation ou du chauffage.
  • Au-delà des croyances et de la démarche écologique, il s’agit surtout, pour la plupart d’entre eux, de faire des économies face à la crise énergétique.

A l’approche de l’hiver, au cours duquel les factures d’électricité pourraient être multipliées par deux au minimum, plusieurs commerçants de Lyon se sont engagés à faire d’avantage d’efforts pour réduire leur consommation énergétique. Ce mercredi, ils ont été plusieurs à signer une « charte de la sobriété ». Il s’agit de l’une des 18 mesures édictées par la ville qui s’est lancée pour défi de baisser sa consommation énergétique de 10 % en un an. L’occasion de montrer l’exemple et d’inciter les autres à faire de même.

A travers cette démarche, les volontaires s’engagent à respecter « cinq gestes simples et efficaces » : éteindre leurs enseignes lumineuses à partir de 20 heures, renoncer à installer des panneaux numériques, être vigilant à la température ambiante pour ne pas déclencher le chauffage ou la climatisation alors que cela ne le nécessite pas, fermer les portes de leurs boutiques pour éviter les pertes d’énergie et adopter ces cinq mesures de façon « durable ».

« Au-delà des croyances, c’est une nécessité »

« Au-delà des croyances, en passer par-là est une nécessité. Le contexte nous y amène », indique Jean Borges, le directeur du Printemps situé rue de la République. L’enseigne, déjà engagée dans un programme de sobriété, veut désormais aller un peu plus loin.



« Les efforts font peur, avant de les faire. En réalité, ils ne sont pas très contraignants », avoue-t-il. L’hiver, le chauffage n’est pas activé dans les allées de son magasin tant que la température ne descend pas en dessous de 19 °C. La climatisation n’est déclenchée que si le mercure dépasse les 27 °C. Les horaires ont également évolué. « Cela fait un an que nous ouvrons de 10 heures à 19 heures, au lieu de 9h30-19h30. Les clients ne s’en plaignent pas », précise le directeur ajoutant que des tests sont en cours pour réduire l’éclairage de 30 % en journée.

« Par exemple, les néons situés au-dessus des comptoirs et éclairant les plafonds sont coupés, montre-t-il lors d’une phase de démonstration. Mais il va falloir vérifier que cela ne gêne pas le confort du personnel ». Et mesurer si cette solution peut avoir une incidence sur les ventes.

Face à la crise énergétique, peu de commerçants rechignent à s’adapter, à vrai dire. Mais tous n’ont pas adopté simultanément les cinq gestes préconisés. « Tous ne s’engageront pas à signer la charte », confirme Fabrice Iochem, représentant du collectif Lyon7-Rive Gauche, regroupant 1.600 rez-de-chaussée commerciaux, principalement des « indépendants ».

Des bonnes pratiques mais des économies insuffisantes

« La plupart respectent déjà ces mesures. Ils ne sont pas beaucoup à vouloir allumer leur vitrine jusqu’à 1 heure pour se faire voir. La question de la consommation énergétique les préoccupe depuis longtemps, poursuit-il. Pour certains, c’est même une question de survie de leur activité économique. Mais leur problématique n’est pas la même que les boutiques appartenant à des chaînes qui ont le pouvoir de mutualiser les coûts. Pour tout ce qui relève des investissements, ils ont besoin d’un accompagnement. »

Quant à savoir si ces bonnes pratiques permettront de réduire sensiblement le montant des factures, la réponse est négative. « Les économies réalisées seront insuffisantes, elles ne permettront pas de combler la hausse des prix de l’énergie », indique sans détour Jean Borges. Et de conclure : « Les commerçants, rappelons-le, ne bénéficient pas du bouclier tarifaire. C’est donc une nécessité de réduire coûte que coûte notre consommation ».

Sujets liés