Paca : De parc en parc, Jérôme Zindy filme les initiatives d’adaptation face au changement climatique

ECOLOGIE Le vélo reporter parcourt les neuf parcs naturels régionaux de Provence-Alpes-Côte-d'Azur afin d’informer les acteurs du territoire sur les expérimentations possibles à mettre en place pour agir écologiquement

Elise Martin
— 
Avec son vélo qui produit sa propre énergie solaire, Jérôme Zindy sillonne les parcs naturels de la région Paca pour mettre en avant les initiatives pour lutter contre le changement climatique.
Avec son vélo qui produit sa propre énergie solaire, Jérôme Zindy sillonne les parcs naturels de la région Paca pour mettre en avant les initiatives pour lutter contre le changement climatique. — N. Jahan
  • Du 25 septembre au 26 octobre, le vélo reporter Jérôme Zindy parcourt les neuf parcs naturels régionaux de Paca.
  • Cette aventure de 1.000 km a pour but de documenter les initiatives déployées localement pour qu’elles puissent inspirer d’autres territoires.
  • Il est notamment passé dans les Alpes-Maritimes pour découvrir la restauration de restanques en pierre sèche.

Désimperméabiliser les sols, revégétaliser les cours d’écoles ou encore identifier des lieux d’implantation de panneaux photovoltaïques pour éviter des rachats de terres agricoles et des déforestations. Autant d’idées déployées localement qui méritent « d’être filmées pour que d’autres territoires puissent s’en inspirer », affirme Jérôme Zindy, vélo reporter que 20 Minutes avait déjà rencontré il y a un an.

Depuis le 25 septembre, l’explorateur est reparti en vadrouille. Il parcourt avec son vélo à énergie solaire les neuf parcs naturels régionaux de la région Paca. L’aventure doit se terminer le 26 octobre. Le but ? « Toucher les acteurs locaux, les collectivités, les élus et les parcs entre eux pour qu’ils s’en saisissent, parce qu’on a les solutions », s’exclame le vélo reporter.

Restaurer les restanques dans les Alpes-Maritimes

Lundi, il était à Gourdon, dans les Préalpes du Sud pour découvrir la « restauration de restanques en pierre sèche ». « C’est un empilement de pierres sans ciment, précise Jérôme Zindy. Cette technique permet de recréer des surfaces agricoles et en même temps, elle répond au dérèglement climatique dans ce territoire, entre pluie diluvienne et sécheresse. Les restanques permettent de garder l’humidité des sols et aident à lutter contre l’érosion des sols contrairement à des murs en béton qui sont imperméables. La pierre sèche peut durer 200 ans et est facilement reconstruite. »


Les restanques de Gourdon vues du ciel.
Les restanques de Gourdon vues du ciel. - J.Zindy


Depuis 2015, 50 chantiers ont été soutenus et plus de 500 personnes ont été formées pour démultiplier l’impact sur le territoire. Cette action a permis à l’association Les petits loups maraîchers, une initiative citoyenne qui réunit 50 familles, d’aller vers une autonomie alimentaire, notamment grâce aux légumes et fruits biologiques cultivés sur ces nouvelles surfaces. « C’est d’autant plus important parce que les Alpes-Maritimes ne produisent qu’1 % de la nécessité alimentaire de sa population, appuie le reporter. On veut ainsi montrer qu’il y a un travail à faire pour redéployer ces pratiques, finalement très accessibles. »

Le rôle des parcs naturels régionaux mis en avant

Il en fera donc une vidéo « sans pollution ajoutée » grâce à l’énergie solaire que produit son vélo qu’il publiera après l’aventure. C’est d’ailleurs avec son travail que le réseau des parcs de Paca l’a sollicité pour faire ce projet. « Avant de partir pour l’aventure, je n’y connaissais pas grand-chose. J’ai trouvé intéressant cette volonté de concilier les activités humaines avec l’environnement pour la préservation du territoire. Je ne soupçonnais pas ce rôle d’accompagnement pour certaines communes qui ne bénéficient pas, comme les grosses agglomérations, de services chargés des questions écologiques et environnementales », souligne Jérôme Zindy.



Il ajoute : « On parle d’une augmentation de 1,5 °C en France si tout va bien mais on oublie de dire qu’il n’y a pas une régularité sur tout le territoire. Là où je me trouvais avant Gourdon, dans le parc du Queyras, le changement climatique est deux fois plus rapide en montagne et pourtant, elle abrite une biodiversité insoupçonnable. Et pour observer ces changements, les parcs de Paca se sont dotés d’experts, une sorte de Giec local. Ils suivent alors l’évolution du climat dans la région, avec la réalité du terrain afin d’y répondre au mieux. »

« Toutes ces bonnes idées doivent se répandre »

Le prochain stop sera dans le parc du Verdon, où les enjeux sont de réinventer un modèle dans la diversification des cultures, notamment entre tous les champs de lavande adorés par les touristes et très populaires pour des photos Instagram. Il y rencontrera une trentaine d’agriculteurs. Il veut ainsi montrer « la force d’un parc pour mettre tous les acteurs autour de la table et agir ».

Il conclut : « Toutes ces initiatives semblent minoritaires mais peuvent être déployées. Ça part de la tête de personnes qui ont une sensibilité pour la nature et qui ont envie de changer les choses. Une écologie pour soi, en fonction de ses possibilités, c’est réalisable. A travers mes vidéos, j’ai aussi envie de rendre la transition écologique désirable, susciter l’intérêt en apportant cette touche de rêves pour qu’on puisse les réinventer ensemble. Car toutes ces bonnes idées doivent se répandre, notamment auprès des décideurs. »