Algues vertes : Une association poursuit l’Etat en justice pour dénoncer son inaction

Environnement L’association Eau et rivières de Bretagne espère « toucher l’Etat au portefeuille » pour que le fléau soit mieux traité

C.A. avec AFP
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La plage de Hillion, ici envahie par les algues vertes en 2019, est régulièrement fermée en raison des risques d'intoxication.
La plage de Hillion, ici envahie par les algues vertes en 2019, est régulièrement fermée en raison des risques d'intoxication. — M. Pavard / 20 Minutes
  • L’association Eau et rivières de Bretagne a déposé deux recours contre l’Etat pour dénoncer « l’inaction » dans la lutte contre les algues vertes.
  • Un nouveau plan de lutte doit être présenté vendredi devant le conseil régional de Bretagne.
  • La cour des comptes et le tribunal administratif de Rennes ont déjà condamné l’Etat pour l’inefficacité des mesures prises notamment sur le plan agricole.

Cela fait des années qu’elle critique l’inaction de l’Etat, l’invitant à faire plus pour lutter contre fléau des algues vertes. Lassée de ne pas être entendue, l’association Eau et Rivières de Bretagne (ERB) a déposé un double recours contre l’Etat pour « inaction face aux pollutions des eaux par les nitrates » devant le tribunal administratif de Rennes. Entamée le 1er octobre, cette action en justice vise à « toucher au portefeuille de l’État », selon le directeur de l’association, Arnaud Clugery. Ce dernier souligne « les carences répétées dans l’engagement dans la lutte contre la fertilisation azotée ». Une décision qui intervient à quelques jours de la présentation du nouveau plan de lutte, vendredi, devant le conseil régional de Bretagne.

Voilà plus de cinquante ans que le littoral de Bretagne est frappé chaque été par l’échouage de dizaines de tonnes d’algues vertes. En pourrissant, ces ulves dégagent de l’hydrogène sulfuré, un gaz toxique qui a déjà tué des animaux et probablement des hommes, même si la preuve formelle n’a jamais pu être apportée. Chaque année, des millions d’euros sont dépensés pour les ramasser. Par ce recours, l’association Eau et rivières demande « la prise de toutes mesures utiles » pour limiter la pollution aux nitrates et la « réparation des préjudices écologiques et moraux ». L’association, qui a quitté le comité de pilotage, estime le coût du préjudice à 3,2 millions d’euros.


Ce n’est pas la première fois que l’Etat est critiqué pour son (in) action dans ce dossier. En 2021, la Cour des comptes avait déjà pointé l’insuffisance des mesures. La même année, le tribunal administratif de Rennes avait annulé le 6e Plan d’action de lutte régionale de lutte contre les algues vertes. La justice insistait sur la nécessité de prendre « toute mesure supplémentaire utile de maîtrise de la fertilisation azotée » en agriculture.