Pologne : Une algue toxique à l’origine de la catastrophe écologique du fleuve Oder

MEURTRE AU KILO 250 tonnes de poissons sont morts dans ce fleuve cet été

20 Minutes avec AFP
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Un poisson mort gît dans les eaux peu profondes de la rivière frontalière germano-polonaise Oder à Lebus, en Allemagne, jeudi 18 août 2022.
Un poisson mort gît dans les eaux peu profondes de la rivière frontalière germano-polonaise Oder à Lebus, en Allemagne, jeudi 18 août 2022. — Patrick Pleul/AP/SIPA

Cet été, près de 250 tonnes de poissons sont morts dans le fleuve Oder, qui traverse le sud-ouest de la Pologne. Ce jeudi, les autorités polonaises ont pointé du doigt une algue toxique, en excluant l’hypothèse d’une pollution industrielle, dans un rapport préliminaire.

Les auteurs de ce rapport, dont le détail doit être rendu public vendredi, ont en même temps reconnu la mauvaise qualité de l’eau du fleuve « depuis des années », accentuée cet été par les hautes températures et des niveaux de l’eau très bas qui auraient pu favoriser la prolifération de ces algues.

La coupable : l’algue dorée

« Une hypersaturation des eaux par l’oxygène, des potentiels hydrogènes radicalement accrus (…) une baisse de substances biogènes, la décomposition des tissus biologiques des poissons (…), nous ont menés à conclure que la mort des poissons a été probablement provoquée par l’impact toxique de la prolifération d’algues », a déclaré Agnieszka Kolada de l’Institut polonais de la protection de l’Environnement.

La micro-algue incriminée, identifiée comme Prymnesium parvum, appelée aussi « algue dorée », est fréquente dans les estuaires et se développe normalement dans les eaux saumâtres, principalement proches des mers, et « n’a jusqu’à présent jamais été identifiée en Pologne », a précisé Agnieszka Kolada.

La pollution humaine écartée

« La mort des poissons n’a été provoquée ni par des métaux lourds, ni des pesticides, ni des substances hydrocarbures », selon les thèses du document commandé par le gouvernement et présentées à la presse.

Selon les analyses menées jusqu’à présent, « aucun des établissements contrôlés n’a déversé de substances polluantes dépassant les normes autorisées » dans le fleuve, ce qu’avaient soupçonné diverses organisations écologiques et médias, a insisté le chef de la direction gouvernementale pour la Protection de l’Environnement, Andrzej Szweda-Lewandowski.

Tensions avec l’Allemagne

Les volumes de rejets ont été « les mêmes que les années précédentes », a-t-il assuré. Le désastre a quelque peu tendu les relations entre la Pologne et son voisin allemand, l’Allemagne ayant accusé la Pologne d’avoir tardé à l’informer sur l’étendue de la pollution.

En Pologne, le gouvernement s’est retrouvé sous le feu des critiques pour ne pas avoir pris de mesures rapides.