Episodes méditerranéens : Un système inédit pour accélérer l'alerte en test à Cannes

INONDATIONS La ville va expérimenter une nouvelle « plateforme de gestion des risques majeurs et des crises » qui regroupe les services d'acteurs publics et privés, de la prévision météo à la diffusion de l'alerte

Fabien Binacchi
— 
L'avenue Francis-Tonner, à Cannes-la-Bocca, le 1er décembre 2019
L'avenue Francis-Tonner, à Cannes-la-Bocca, le 1er décembre 2019 — Mairie de Cannes

Samedi, même si l’épisode orageux annoncé par Météo-France sur tout le pourtour méditerranéen doit être moins intense à Cannes, la municipalité se tiendra prête à réagir. En essuyant les plâtres d’un tout nouveau système. Marquée par les inondations meurtrières d’octobre 2015, la cité des festivals va expérimenter pendant un an une nouvelle « plateforme de gestion des risques majeurs et des crises » imaginée pour accélérer la réponse des collectivités dans l’alerte des populations. Et donc, par extension, pour préserver des vies humaines.


Sept acteurs publics et privés se sont donc réunis pour créer Puma-X (le nom de cette super application) qui répond, dans une seule interface, « à nos besoins spécifiques en matière de prévision, d’alerte, de surveillance vidéo ou de cartographie », explique le maire de Cannes David Lisnard qui a lancé officiellement son test ce jeudi. Il y a sept ans, le déluge qui s’était abattu sur la Côte d’Azur avait fait 20 morts. « En 2019, nous avions eu encore deux alertes rouge coup sur coup. Et nous en aurons encore. Il faut s’attendre à d’autres inondations, à d’autres événements dangereux. Et s’y préparer », dit-il.

Un PC de crise sur un seul et même écran

Concrètement, le dispositif permet de regrouper tous les éléments d’un PC de crise sur un seul et même écran : bulletins météo ultra-précis, mesures des hauteurs d’eau, caméras de la ville, suivis des campagnes d’envoi de messages de prévention adressés à la population. Autant de données déjà disponibles séparément mais encore jamais véritablement mises en commun. Ce qui pourrait faire gagner un temps précieux. « Les solutions proposées par les différents délégataires sont nombreuses et l’ensemble pris séparément peut être très lourd », relève Pierre Salmona, président de Jipe, un cabinet de conseil spécialisé en gestion des interventions notamment d’urgence, membre de Puma-X.

Le consortium, qui inclut également Predict Services (Météo-France), CII Télécom, un spécialiste de la télé alerte, ou encore l’Institut méditerranéen du risque de l’environnement et du développement durable (Imredd) de l’Université Côte d’Azur, reçoit notamment les financements des régions Sud et Occitanie et de la métropole Aix-Marseille-Provence, toutes largement concernées par les problématiques liées aux épisodes méditerranéens.

Aussi utile en cas d’attentat ou de… crise sanitaire

Le dispositif, présenté comme un moyen de « défier le réchauffement climatique », a été avant tout pensé pour les risques naturels, mais il serait également opérationnel en cas d’attentats, de catastrophes industrielles ou encore de crises sanitaires, assure le consortium Puma-X.

« Le développement de la plateforme sera terminé d’ici l’automne 2023 pour une commercialisation début 2024 », précise encore Pierre Salmona. Le système, comme les services qu’il mutualise, sera facturé aux collectivités. A quel coût ? « Nous sommes en train d’établir une grille tarifaire, qui dépendra des différentes couches d’informations demandées et de la taille de la commune concernée », explique le responsable.